Bronze vise la première marche

"Elle a les moyens d'être la meilleure latérale au monde." Mark Sampson, sélectionneur de l'Angleterre, n'est pas homme à lancer un défi à la légère. De son côté, Lucy Bronze n'est pas du genre à se laisser impressionner. "La meilleure au monde ? Ça me convient tout à fait", lance Bronze au micro de FIFA.com. "De toute façon, il sait que je place toujours la barre très haut. Je veux être la meilleure possible. Si ça signifie devenir la meilleure spécialiste à mon poste, pourquoi pas ?"

Sur le plan individuel, Bronze s'est imposée comme l'une des révélations de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2015. Sa présence au sein de l'équipe-type du tournoi en témoigne. La défenseuse de Manchester City a profité de son passage au Canada pour inscrire quelques buts, dont un de haut vol. Sous son impulsion, les Three Lionesses de Sampson ont même surpris l'Allemagne dans le match pour la troisième place.

Pourtant, aucune joueuse n'a véritablement eu la sensation de réaliser un exploit en montant sur le podium. Pour Bronze et ses coéquipières, jouer placé ne suffit plus : il s'agit désormais de gagner. "Depuis son arrivée, Sampson n'a peur de rien. Il est confiant et ambitieux. Cette attitude va nous servir lors des prochains tournois. Quand nous aborderons l'UEFA EURO ou la prochaine Coupe du Monde, nous aurons en nous la conviction de pouvoir l'emporter", souligne-t-elle. Ces certitudes ont sauté aux yeux pendant la Coupe du Monde. Contrairement à son habitude, l'Angleterre s'est refusée à jouer les seconds rôles ou à considérer les quarts de finale comme un obstacle infranchissable.

Si l'enthousiasme de Sampson a servi de détonateur, c'est parce qu'il a trouvé un écho favorable chez certaines joueuses. Bronze fait partie de ce petit groupe de jeunes expérimentées et bien décidées à gagner. Sacrée championne d'Europe U-19 en 2009, la joueuse de 23 ans se verrait bien renouveler l'exploit au plus haut niveau. "L'expérience accumulée dans ces compétitions de jeunes nous a bien servi", explique Bronze, qui a également participé à la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA et à la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA. "Celles qui étaient là ont pu découvrir la vie pendant une grande compétition. Elles ont pris goût au succès et cette mentalité nous imprègne aujourd'hui. Nous ne connaissons pas la peur."

Un avant et un après Coupe du Monde Le parcours de l'Angleterre risque d'ôter les derniers doutes à en juger par les retours reçus au pays. "Je ne me doutais pas de l'impact que notre parcours pouvait avoir en Angleterre. Mais quand j'ai eu ma mère au téléphone, elle m'a dit : vous êtes passées sur telle chaîne et on a parlé de vous dans tel journal", raconte la médaillée de... bronze. "Ma mère et ma grand-mère ont mis de côté des dizaines de journaux et de magazines. Ce n'est qu'à ce moment-là, en découvrant tous ces articles que j'ai pris conscience de l'ampleur qu'avait pris ce tournoi en Angleterre."

Et les répercussions de la Coupe du Monde n'ont pas fini de se faire sentir. La FA Women’s Super League a repris ses droits et, pour l'heure, les affluences et la couverture médiatique sont en augmentation. "La Coupe du Monde, notre état d'esprit, la troisième place, la victoire sur l'Allemagne… c'est le genre de choses que le public attendait depuis longtemps chez nous", estime Bronze. "De parfaits inconnus sont venus m'aborder dans la rue pour me féliciter. Mais c'est sur le terrain que les changements sont les plus flagrants. On voit des enfants avec des maillots de Manchester City floqués à nos noms qui veulent se faire prendre en photo avec nous. Ça montre le chemin parcouru. C'est très enthousiasmant. Maintenant, il va falloir se servir de tout ça pour aller encore plus loin."

Cela tombe bien, Bronze n'est pas du genre à reculer devant un défi. Qu'il s'agisse de consolider la réputation de l'Angleterre, de remporter un grand trophée ou de devenir la meilleure latérale au monde.