Yokoyama, but de rêve et objectifs concrets

1 juil. 2020
  • Kumi Yokoyama a inscrit un but de rêve il y a 10 ans

  • Depuis, la Japonaise a été à la hauteur des attentes suscitées par ce but

  • Elle évolue désormais aux Etats-Unis à son grand bonheur

Du haut de ses 16 ans et de son mètre 55, Kumi Yokoyama n’était encore qu’une Young Nadeshiko lorsqu’en demi-finale de la Coupe du Monde Féminine U-17 de la FIFA 2010, elle a dribblé six Nord-Coréennes pour aller inscrire l’un des plus beaux buts de l’histoire du football féminin. Ce bijou, qui lui a valu d’être nominée au Prix Puskas la même année, a été l’acte de naissance d’une joueuse dont le talent n’a, depuis, cessé de grandir.

"Ce but est un miracle ! Si je suis là où j’en suis, c’est grâce à lui", explique l’attaquante japonaise au micro de FIFA.com. "Ce but a généré beaucoup d’attentes et pas mal de pression sur mes épaules, mais j’ai beaucoup appris de cela. L’expérience acquise m’a permis de surmonter les quelques obstacles qui se sont mis sur ma route."

Nadeshi-K.O.

Dix ans ont passé depuis cet exploit personnel, et la petite Nadeshiko a bien grandi. Ses 43 sélections pour 17 buts et sa participation à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2019 résument à elles seules le long chemin parcouru par la Japonaise.

"A mes yeux, je n’ai encore rien accompli. Je n’ai atteint que les huitièmes de finale de la Coupe du Monde", tempère-t-elle. "Il y a aujourd’hui un manque tant sur le plan collectif qu’individuel au sein de notre sélection. Beaucoup de travail nous attend, cela vaut bien sûr pour moi également. Nos aînées ont posé les fondations. Il faudrait, à notre tour, mettre une pierre à l’édifice."

Effectivement, depuis la finale de la Coupe du Monde 2015 perdue, le Pays du Soleil Levant peine à être aussi conquérant qu’il l’a été lors de la dernière décennie. Le Japon est même sorti du top 10 du Classement Mondial Féminin FIFA/Coca-Cola. Et il paraît bien loin le temps où les Nadeshiko concurrençaient des USA qui les ont encore battues lors de leur dernier affrontement, en SheBelieves Cup 3-1.

"Nos aînées ont mis la barre haute, elles ont écrit l’histoire. Et c’est grâce à elles si la réputation du football féminin japonais est aujourd’hui ce qu’elle est. C’est quelque chose qu’il faut garder à l’esprit. A nous d’être à la hauteur de cette réputation", analyse-t-elle. "Mais honnêtement, je ne crois pas que le Japon puisse se targuer aujourd’hui de pouvoir rivaliser avec les Etats-Unis."

Le rêve américain

Kumi Yokoyama est d’ailleurs mieux placée que quiconque pour le savoir. Après avoir brillé en J-League et connu une expérience en Europe, dans le championnat allemand, la Japonaise a pris la direction des Etats Unis au début de l’année. Elle joue désormais au Washington Spirit.

"C’est un rêve qui se concrétise. Avoir la chance d’’évoluer dans le pays des championnes du monde est quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde. Je suis très reconnaissante au club d’avoir offert cette opportunité à une joueuse qui est loin de parler correctement l’Anglais", lance Yokoyama, qui n’a pas encore pu disputer le moindre match avec son club suite la pandémie du Covid-19.

Mais cette pause imposée n’a guère altéré l’ardeur de la buteuse : "Je veux aller encore plus haut", affirme-t-elle. "Mon objectif est de grandir en tant que personne, de découvrir encore des choses, et d’accumuler de l’expérience en tant que joueuse, dans ce championnat américain, en équipe du Japon, ou ailleurs !"

D’ailleurs, Yokoyama ne met aucune limite à ses ambitions : "Mon rêve ultime serait d’évoluer dans une équipe masculine d’un championnat étranger", conclut-elle dans un grand sourire avant d’ajouter : "Je veux bien me contenter du championnat japonais !"

L’art d’inscrire… et de se fixer des buts étonnants !