“Maxi Rodríguez : "Ce but a marqué ma carrière"

  • 15ème anniversaire de son but contre le Mexique à Allemagne 2006

  • Élu meilleur but du tournoi, son missile a propulsé l'Argentine en quart de finale

  • FIFA.com s'est entretenu avec lui de ses deux moments de gloire avec l'Albiceleste

Ce 24 juin marque le 15ème anniversaire du but inscrit par Maximiliano Rodríguez face au Mexique en huitième de finale d'Allemagne 2006, sans doute l'un des plus mémorables de l'histoire du football albiceleste.

Sa puissante volée du gauche a non seulement envoyé l'Argentine de José Pekerman en quart, mais elle a été élue meilleure réalisation du tournoi, un prix décerné pour la première fois lors de cette édition.

"Ce but ne m'a pas changé, mais il a marqué ma carrière. On m'en parle tout le temps", sourit Rodríguez au micro de FIFA.com. "On rêve tous d'être l'auteur d'un but qualificatif pour l'Argentine. C'est quelque chose de fort.

"Je m'en souviens comme si c'était hier", poursuit le footballeur de 40 ans, qui a inscrit trois de ses 15 buts avec l'Albiceleste dans cette Coupe du Monde. "Sorín a reçu le ballon à gauche, j'ai piqué à droite, fait un appel, contrôlé sa passe de la poitrine et tenté ma chance… Et ça a marché !"

"Dans un premier temps, j'ai pensé utiliser mon pied droit, le plus habile, mais j'ai vu qu'il y avait un défenseur, alors finalement, j'ai expédié une volée du gauche. J'ai suivi la balle des yeux et quand elle a lobé le gardien, j'ai explosé de joie !", décrit-il.

L'ancien portier Oswaldo Sánchez regrette encore de ne pas avoir fait un pas en arrière. Gonzalo Pineda, le latéral qui avait deviné l'intention initiale de Maxi, n'en revient toujours pas. Quant à Ricardo La Volpe, le sélectionneur mexicain de l'époque, il en veut encore à Pineda d'avoir laissé passer une transversale de 30 mètres.

"Je m'entends bien avec Sánchez et il me dit toujours : "Ton gauche, tu ne t'en servais jamais !". Ce n'est de la faute de personne. Je n'avais jamais réussi une telle frappe de ce pied. C'était un but atypique. Jusque-là, le match avait été très équilibré", explique Rodríguez pour défendre ses collègues mexicains.

L'Argentine a été éliminée aux tirs au but par l'Allemagne en quart de finale. Maxi a cependant marqué son penalty pendant l'épreuve décisive. "Nous avions une excellente équipe, nous aurions dû battre l'Allemagne. Mais cela ne suffit pas toujours. Il nous a manqué un coup de pouce de la chance."

Football - 2006 FIFA World Cup Germany(tm) - Quarter Finals - Germany v Argentina - Olympiastadion , Berlin - 30/6/06.Torsten Frings and Michael Ballack - Germany in action against Maxi Rodriguez - Argentina , Actionshot , Host City Board.Mandatory Credit: Action Images / John Sibley

Ce résultat n'a pas éclipsé l'impact du meilleur but d'Allemagne 2006. "Je jouais à l'Atlético de Madrid sous les ordres d'un technicien mexicain, Javier Aguirre. Il me rendait fou ! En plus, nous sommes allés au Mexique lors de la présaison, mais j'ai été très bien traité. C'est un pays extraordinaire."

Rodríguez a conservé précieusement les crampons et le maillot qu'il portait ce jour-là, et en 2016, il y a ajouté un souvenir inestimable : le ballon du but, qui lui a été offert par Oscar Ustari, troisième gardien de la sélection argentine de l'époque.

"Il l'a pris dès la fin du match. Il m'avait dit qu'il l'avait et m'avait envoyé des photos. Nous sommes amis. Un jour, pour mon anniversaire, il m'a annoncé : 'Ce ballon, c'est à toi qu'il revient'. C'est un beau geste."

Le penalty décisif en demi-finale de Brésil 2014

Rodríguez a également disputé les Coupes du Monde 2010, avec Diego Maradona, et 2014, avec Alejandro Sabella. Au Brésil, le destin lui a offert un nouveau quart d'heure de gloire. Dans la demi-finale face aux Pays-Bas, il a marqué le tir au but qui a qualifié son pays pour le match au sommet à l'issue de 120 minutes stériles.

"Vous savez à quel moment cette histoire de destin m'a traversé l'esprit ? En allant du milieu du terrain à la surface. Ces quelques secondes ont été plus difficiles que le penalty lui-même. Lors de mon but contre le Mexique, je n'ai pas eu le temps de réfléchir, j'ai frappé. Mais là, j'ai pensé aux conséquences d'un tir réussi ou manqué. En termes de décision, c'est le moment le plus fort que j'ai jamais vécu en football".

Lorsque le ballon est entré, il avoue avoir d'abord ressenti du soulagement, avant d'exploser de bonheur. Maxi n'a pas pris part à la finale contre l'Allemagne, mais il a autant souffert de la défaite que ses coéquipiers. "Nous avons manqué d'opportunisme. Il faut parfois aider la chance. Je n'ai jamais revu le match, c'est l'un des moments les plus durs de ma carrière."

Malgré quelques convocations par la suite, Rodríguez n'a plus joué avec l'Albiceleste et il a pris officiellement sa retraite internationale en 2016, avec 54 capes à son actif.

Passer de footballeur à supporter ne lui pas été facile. "J'ai eu du mal à regarder la sélection à la télévision pendant des années. C'était comme si je n'arrivais pas à décrocher, mais tous les cycles ont une fin. Aujourd'hui, je souffre et j'encourage nos joueurs comme n'importe quel autre fan."

Alors qu'il s'apprête à faire ses adieux au Newell’s Old Boys, son club de cœur, il revient sur son parcours en équipe nationale. "Il est difficile d'atteindre le haut niveau et de s'y maintenir. Moi, j'ai gagné une Coupe du Monde U-20 et j'ai disputé trois phases finales en senior. Comme les buts, ces accomplissements ont fait ma réputation en Argentine et dans le monde. Ce sont des choses que l'on n'oublie jamais", conclut-il.