Les Îles Vierges avancent pas à pas

22 mars 2021
  • Gros plan sur le football aux îles Vierges américaines

  • La pandémie de Covid-19 y a été vue comme une opportunité de développement

  • Interview du sélectionneur national Gilberto Damiano

Alors qu'ailleurs on observait une paralysie partielle en raison de la pandémie de Covid-19, les îles Vierges américaines ont pris leur destin en main et fait de nécessité vertu. "Il y a toujours deux options. Soit on attend en espérant que les choses s'améliorent. Soit on se retrousse les manches et on se met au travail", explique le sélectionneur Gilberto Damiano à FIFA.com. "Nous avons commencé en mars 2020 lors du premier confinement. Nous nous sommes réunis et avons réfléchi à ce que nous pouvions faire. Nous avons mis au point un plan en trois étapes. Chaque étape sera réalisée en deux ans."

Phase 1

  • "Elle consiste à analyser tous les domaines afin d'y apporter plus de professionnalisme, par exemple en matière d'administration ou encore de réseaux sociaux. Pour ce faire, nous observons également les autres associations et essayons de nous adapter."

Phase 2

  • Analyse de la première phase et planification des ajustements ultérieurs

Phase 3

  • "Il s'agit de la mise en œuvre complète et de la récolte des graines que nous aurons semées au cours des quatre années précédentes."

Sur la bonne voie

Globe-trotteur, Damiano est aux commandes du Dashing Eagle depuis 2019. "C'est l'une des fonctions les plus épanouissantes qu'il m'ait été donné d'exercer. Je travaille dans un endroit où tout le monde se connaît. L'impact est énorme. Lorsque vous prenez des décisions pour améliorer les choses, les gens le remarquent immédiatement. Cette gratitude n'a pas de prix et c'est souvent bien plus agréable que de travailler dans un grand club", estime l'entraîneur né au Brésil, émigré au Royaume-Uni en 2001, et qui a travaillé en Angleterre ou en Italie. "La beauté du football, c'est le mélange des cultures. J'ai joué au futsal au Brésil, je connais la mentalité défensive des Italiens et aussi le football anglais, qui continue à évoluer d'année en année."

L'entraîneur de 44 ans passe le plus clair de son temps à Londres. Avant la pandémie, il se rendait aux îles Vierges au moins une fois par mois, mais tout ou presque se fait par vidéo pour le moment. Il réunit son équipe en ligne jusqu'à six fois par semaine pour travailler la condition physique des joueurs ou leur compréhension tactique, sans compter les nombreuses réunions avec les entraîneurs locaux. "J'ai beaucoup appris au cours des derniers mois. Nos joueurs se trouvent en France, en Australie, aux États-Unis, à Antigua ou dans les îles Vierges. Nous avons aussi davantage d'entraîneurs sur le terrain aujourd'hui et nous sommes sur la bonne voie", assure-t-il. "Un jour, quelqu'un d'autre prendra la relève et j'espère qu'il nous sera reconnaissant de ce que nous avons accompli."

Les Îles Vierges Américaines à la loupe

  • Trois îles principales : Sainte-Croix, Saint-John, Saint-Thomas

  • 50 îles plus petites

  • Géographiquement, elles font partie des Caraïbes, à l'est de Porto Rico

  • Environ 110 000 habitants

  • 1987 - Fondation de la U.S. Virgin Islands Soccer Federation (UVISF)

  • 1998 - Adhésion à la FIFA

  • Confédération : CONCACAF

Un soutien de poids

Outre la motivation de Damiano, le petit pays des Caraïbes bénéficie également du soutien de la FIFA. "La FIFA est la clé du succès du football dans les îles Vierges. Le soutien que nous recevons est formidable. C'est la seule façon pour nous d'apporter du changement", assure Damiano. "La FIFA croit aux mêmes choses que nous : mettre les individus en avant et créer des opportunités pour qu'ils se développent. Je suis ravi de faire partie de cette aventure et d'avoir la FIFA à nos côtés."

Indépendamment de l'énorme travail de développement, Damiano s'apprête à entamer avec son équipe les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™. Le premier adversaire de la zone CONCACAF sera Antigua-et-Barbuda, le 27 mars. Les autres équipes du Groupe A sont le Salvador, Montserrat et la Grenade.

"Nous devons aborder tous les matches avec la conviction que nous pouvons gagner. Nous voulons rivaliser car il n'y a pas de groupes faciles dans une phase de qualification pour la Coupe du Monde. Nous avons un bon équilibre entre jeunes et internationaux plus expérimentés. Les qualifications sont un bon test de ce que nous réalisons ici", conclut Damiano.

Damiano à propos de son équipe :

  • "J.C. Mack a joué en Nouvelle-Zélande et évolue à présent en Australie. C'est un excellent attaquant qui peut faire la différence à lui seul."

  • "Nous pouvons compter sur trois gardiens de qualité : Lionel Brown, Carlos Quezada et Erik Mozzo. Ils sont prêts."

  • "Nos défenseurs centraux sont des défenseurs modernes. Ils peuvent défendre, dégager quand c'est nécessaire, mais aussi pratiquer un bon jeu de passes."

  • "En attaque, nous avons, en plus de Mack, de jeunes joueurs ambitieux."

  • "Dans l'ensemble, notre équipe est flexible et peut jouer dans différentes formations, même si tout dépend aussi de l'adversaire."

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