Le destin sourit enfin à Elmohamady

  • Ahmed Elmohamady a disputé les qualifications pour les Coupes du Monde 2010, 2014 et 2018

  • En se qualifiant pour Russie 2018, l’Égypte a mis fin à une attente de 28 ans

  • En phase qualificative, Elmohamady a connu un final à suspense face au Congo

"Pour être honnête, je dois avouer que ces cinq minutes ont été les plus difficiles de ma carrière." Quand il entre sur la pelouse du stade Borg El Arab, à la 86ème minute de la rencontre face au Congo, Ahmed Elmohamady n’a aucune envie de voir le score évoluer. Dans le Groupe E de la zone Afrique, l’Égypte mène (1:0) et se trouve en passe de décrocher sa première qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA™ depuis presque 30 ans.

C’est alors qu'Arnold Bouka surgit dans le champ visuel du joueur d’Aston Villa et signe une spectaculaire égalisation. Un silence de mort tombe sur le stade et le pays tout entier. Elmohamady a l’impression de revivre le même cauchemar, lui qui était déjà de la défaite 1:0 face à l’Algérie sur la route d’Afrique du Sud 2010 et du terrible 6:1 essuyé en barrage devant le Ghana en amont de Brésil 2014.

Mais cette fois, le vent tourne. "Si le match s’était terminé sur un score de parité, il aurait fallu attendre la dernière rencontre pour se qualifier, un match piège contre le Ghana, à l’extérieur", confie Elmohamady à FIFA.com. "Nous voulions finir le travail en Égypte. Nous ne pensions qu’à une chose : marquer un but."

C’est précisément ce qui va se passer sur un penalty converti par l’attaquant vedette Mohamed Salah. "Libérer les 85 000 personnes dans le stade, plus les 95 millions de spectateurs dans tout le pays, c’était fondamental", explique Elmohamady. "C’était un moment énorme pour le pays. Il n’y a qu’à voir la manière dont les gens ont fêté ça après le match, dans les rues et dans les villes."

Grâce à cette victoire 2:1 l’Égypte venait de valider son billet pour sa première phase finale depuis 1990. Après les désillusions contre l’Algérie en 2009 et le Ghana en 2013, qu'est-ce qui a fait la différence en 2017 ? "D’abord, je pense qu’on doit notre qualification au sélectionneur", analyse le latéral égyptien. "Hector Cuper est l’un des meilleurs techniciens de l'histoire de la sélection. L’expérience de l’équipe a aussi compté. Essam El-Hadary, notre gardien, a 45 ans. Pendant les stages, les matches, il parle aux autres joueurs et leur transmet son expérience. La Coupe d’Afrique des Nations a également permis aux plus jeunes de s’aguerrir. On l'a vu dans les rencontres qu’on a remportées contre de bonnes équipes, comme le Ghana."

STATISTIQUES D’HECTOR CUPER AVEC L’ÉGYPTE J : 30 / G : 20 / N : 4 / P : 6 Ratio victoires/défaites : 66,6 % Buts p. : 49 / Buts c. : 18 / Diff. + 31 Qualification pour la finale de la CAN 2017 Entraîneur de l’année 2017 aux CAF Awards

On pourrait presque dire que le latéral égyptien attendait Russie 2018 depuis sa naissance. Elmo n’avait pas trois ans lors de la dernière Coupe du Monde disputée par les Pharaons. Il ne garde d’ailleurs que de très vagues souvenirs d'Italie 1990.

"On se souvient souvent du penalty, le seul but marqué par l’Égypte en Italie", précise Elmohamady. "Le buteur, Magdi Abdelghani, travaille à la Fédération égyptienne et chaque fois qu’on le croise, il nous parle de son but. Espérons que l’un d’entre nous marque en Russie, qu’on change un peu de disque !"

À l’occasion du Tirage au sort officiel, les égyptiens ont été versés dans le Groupe A avec la Russie, pays hôte, l’Uruguay, double lauréat de l'épreuve, et l’Arabie Saoudite. "Ce n’est pas un groupe facile, mais on aurait pu plus mal tomber", estime le joueur d'Aston Villa. "L’objectif, c’est de sortir de la phase de groupes. On espère aller loin . Beaucoup de supporters seront présents en Russie, alors on fera tout pour qu’ils soient heureux le plus longtemps possible."

Depuis ce fameux penalty réussi par Abdelghani devant les Pays-Bas il y a presque 28 ans, Elmohamady n’a pas emprunté le chemin le plus simple vers la consécration : le désespoir face à l’Algérie, la débâcle contre le Ghana, puis cet épilogue palpitant devant le Congo. Toutefois, le match contre l’Uruguay, le 15 juin à Ekaterinbourg, marquera le début d’un heureux chapitre pour le football égyptien.