La Suède entre souvenirs d'U.S. et rêve russe

  • ​Les Suédois espèrent revivre l'été 1994

  • Une équipe sans stars mais pleine de solidarité

  • La Suède affrontera la Suisse en huitièmes de finale

Par Alexandra Jonson, Suède

C'est un temps estival inhabituellement chaud qui s'abat sur la Suède et qui rappelle étrangement un autre été de Coupe du Monde de la FIFA™, au cours duquel le mercure avait atteint des sommets. En 1994, la sélection suédoise était montée sur la troisième marche du podium aux États-Unis. Un été qui restera gravé à jamais dans la mémoire des Suédois.

Cette Coupe du Monde 2018 risque fort, elle aussi, de marquer les esprits. Ce 27 Juin, les Suédois ont remporté leur match par trois buts d'écart, ce qui ne leur était plus arrivé dans cette compétition depuis... 1994. Ils signent ainsi une deuxième victoire en phase de groupes, un exploit inédit depuis l'édition 1958 organisée sur leurs terres. À l'époque, les Blågult s'étaient hissés jusqu'en finale.

Un effectif discret Il existe toutefois une grande différence entre ces deux équipes et celle qui a battu le Mexique 3-0 pour prendre la tête du Groupe F. En effet, les générations 1994 et 1958 comptaient plusieurs joueurs de classe mondiale dans leurs rangs. Il serait absurde de prétendre que l'équipe actuelle ne dispose pas de joueurs de qualité. Certes, ce groupe ne se distingue pas par ses talents individuels, mais il dispose d'un atout bien plus important : le collectif.

Aucune sélection suédoise n'avait affiché une telle cohésion par le passé. Le groupe se considère comme une "équipe de club", dans laquelle les joueurs entretiennent des relations très fortes, comme s'ils se côtoyaient tous les jours, toute l'année. "Si vous tapez le mot 'équipe' sur Google, vous verrez une photo de nous", déclare même John Guidetti.

Une confiance très particulière règne au sein de cette équipe, comme l'explique Pontus Jansson à FIFA.com. "Nous croyons énormément en nos capacités. Je ne sais pas comment on voit ça de l'extérieur, mais c'est comme ça dans le groupe."

Un esprit aguerri Cette confiance en soi a été un véritable moteur pour cette sélection jusqu'ici et lui a permis de mettre à mal de sérieux concurrents sur la scène internationale. En compétition préliminaire, les Suédois se sont imposés contre la France à domicile et ont terminé devant les Pays-Bas, avant d'éliminer l'Italie en barrage. En Russie, les Blågult sont arrivés en tête de leur groupe, au sein duquel évoluait notamment l'Allemagne, tenante du titre.

"Nous sommes conscients de ce que nous avons réalisé et savons qu'en football, rien n'est impossible si on travaille dur", affirme Ludwig Augustinsson, Homme du Match Budweiser contre le Mexique. "C'est quelque chose que nous construisons depuis deux ans et nous croyons profondément en ce que nous faisons," ajoute Sebastian Larsson à FIFA.com. "Nous avons démontré à plusieurs reprises que nous sommes de redoutables adversaires. Nous travaillons sans relâche et nous sommes en grande forme."

En début de semaine, Emil Forsberg avait bon espoir pour son équipe, qui a désormais toutes les raisons d'y croire. "Il est important de rêver selon moi. Autrement, c'est difficile d'aller de l'avant. Nous espérons réaliser quelque chose de grand. Nous avons conscience de ce que nous avons fait pour arriver jusqu'ici. Nous sommes prêts psychologiquement et nous allons voir jusqu'où nous pouvons aller. Le plus loin possible, j'espère."