Punyed en quête d'un happy-end

  • Le Salvador veut se battre pour la troisième ou la quatrième place du classement

  • Pablo Punyed est prêt à apporter sa créativité en milieu de terrain

  • "Le football dans notre pays est en train de changer", estime-t-il

D'un côté, marcher dans les pas de son père pour devenir ingénieur aux États-Unis. De l'autre, l'envie d'être footballeur professionnel. Le Salvadorien Pablo Punyed a finalement mélangé les deux. Il a abandonné son cursus d'ingénieur pour s'inscrire en littérature anglaise à l'université Saint John's de New York, ce qui lui a permis de continuer à voyager et à poursuivre son rêve footballistique, tout en étudiant à distance dans les hôtels au cours de stages de préparations. "En plus de mon amour des livres, j'ai également étudié la littérature anglaise parce que j'aime enseigner, être professeur et entraîneur. L'anglais est une très bonne base pour tout ça", raconte à FIFA.com le milieu de terrain de 31 ans. "J'ai été drafté par Kansas City, mais j'ai refusé, car à l'époque la MLS n'était pas la grande ligue qu'elle est aujourd'hui. Leur idée était de m'envoyer en prêt dans une filiale, donc j'ai dit non. Ma petite amie de l'époque - aujourd'hui ma femme - est islandaise. Un jour, je lui ai rendu visite et comme je prends toujours mes chaussures de foot avec moi, elle m'a convaincu d'essayer de rejoindre une équipe locale."

Près de dix ans ont passé depuis, et Punyed est toujours en Islande, même s'il lui a fallu du temps poiur s'acclimater. "Pendant les six premiers mois, j'avais l'impression d'être muet. Je ne parlais pas. J'écoutais et j'essayais d'apprendre le plus possible", confie celui qui, en plus de sa langue maternelle, l'espagnol, parle anglais, italien, islandais et français. "Les gens en Islande sont très ouverts, accueillant et amicaux. J'ai eu la chance qu'ils m'ouvrent leurs portes et maintenant je considère l'Islande comme mon deuxième pays." Ses prestations dans le football européen lui ont permis de réintégrer l'équipe nationale du Salvador en quête d'un billet pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™. "Je porte le maillot de l'équipe nationale avec beaucoup de responsabilités. Lorsque quelqu'un fait quelque chose avec amour et plaisir, les gens le remarquent, le partagent et l'apprécient", assure le milieu de terrain de Víkingur, qui n'avait pas gagné le championnat depuis 1991 avant d'y parvenir à nouveau presque 30 ans plus tard.

"Nous l'avons fait et nous avons également remporté la coupe. Nous sommes très heureux de ce doublé. Nous avons atteint nos objectifs, et même plus, avec un football très dynamique et moderne", précise Punyed. "Nous allons jouer la phase de qualification préliminaire pour la Ligue des champions. J'ai déjà eu l'occasion de la jouer deux fois, mais nous n'avons jamais réussi à aller plus loin. C'est ce que nous allons essayer de faire cette fois-ci."

L'année 2022 sera également celle de la conclusion du tournoi octogonal final de la CONCACAF en vue de la Coupe du Monde. C'est l'un des rêves de sa vie. Pour l'instant, le Salvador occupe la septième place, mais n'est qu'à trois points du Panama, quatrième. "Tout se joue à quelques détails. Le Mexique nous a battus à domicile sur un coup de pied arrêté et un penalty. C'est quelque chose que nous devons améliorer car sinon, le football vous le fait payer", regrette Punyed. 'Si nous trouvons des solutions à ces petits détails, nous déplacerons des montagnes."

Aussi à l'aise pour aider les attaquants que pour marquer des buts sur coups francs ou frappes lointaines, Punyed espère mettre son expérience au service de la Selecta et faire progresser le football salvadorien. "Le football dans notre pays est en train de changer. Le joueur salvadorien est technique, mais aussi aguerri et combatif, quel que soit l'adversaire. Nous voulons donner de l'espoir aux supporters et leur permettre de croire en la sélection." Dans l'immédiat, ce sont la Jamaïque et le Panama qui attendent le Salvador. Deux victoires pourraient permettre à la Selecta de terminer l'année en beauté. "Un bon résultat nous donnerait une bonne chance de terminer l'année en étant toujours en course pour les troisième et quatrième places pour le Qatar", espère Punyed, prêt à continuer à écrire le livre de sa vie.

Le plus beau chapitre serait d'aider le Salvador à retrouver la Coupe du Monde après 40 ans d'absence. "L'important est d'avoir un objectif à long terme. Il reste huit matches et l'objectif a toujours été d'avoir 18 points. Si nous l'atteignons, nous serons en course, mais pour cela, nous devons gagner quatre ou cinq de nos derniers matches", prévoit-il. "Quel que soit le résultat contre la Jamaïque ou le Panama, nous aurons toujours une chance de nous qualifier, et nous sommes capables d'obtenir des résultats dans n'importe quel stade", conclut-il.

ÉquipeMatches jouésPointsDiff.
Mexique614+7
États-Unis611+5
Canada610+6
Panama680
Costa Rica66-1
Jamaïque65-4
Salvador65-5
Honduras63-8