lundi 22 mai 2017, 06:57

Yüceil grandit en relevant les défis

  • La Belgique de Sara Yüceil participera au premier UEFA EURO Féminin de son histoire

  • Avec FIFA.com, elle évoque le parallèle entre son club - Marseille - et sa sélection

  • Le football féminin belge est en pleine progression. Elle explique pourquoi

Sara Yüceil aime les défis, de préférence les plus relevés. Le championnat de Belgique devient une formalité avec le Standard de Liège ? Elle décide de partir en France jouer le maintien avec l’Olympique de Marseille... et termine quatrième ! La Belgique n’a jamais disputé de grande compétition internationale ? Elle participe à la qualification historique pour l’UEFA EURO Féminin 2017 !

C’est donc une Sara Yüceil rayonnante que FIFA.com a rencontrée à la fin de sa première saison en Première Division française. Radieuse, mais épuisée ! "C’était une assez longue saison, donc ça va faire du bien à tout le monde de respirer un peu et de prendre un peu de repos", admet-elle.

***La saison de Sara à l’OM

  • Créée en 2011, l’équipe féminine de l’OM a disputé la première saison de son histoire dans l’élite

  • Objectif ? Le maintien. Bilan ? Quatrième, derrière Lyon, Montpellier et Paris Saint-Germain

  • 13 matches, un but (contre le PSG, pour une victoire historique 2:0)*

***Le parcours de Sara avec les Red Flames

  • Première sélection le 11 février  2015 (Espagne 2:1 Belgique)

  • 21 sélections, deux buts*

L’heure est donc venue de prendre des vacances bien méritées ? Pas encore… Car dans le même temps, elle a pris part au parcours victorieux des Belges dans les qualifications pour l’EURO 2017. En juillet, quelques jours après son 29ème anniversaire, elle sera donc aux Pays-Bas pour relever un nouveau défi de taille : affronter le pays hôte, ainsi que la Norvège et le Danemark deux valeurs sûres du football féminin.

Les raisons du succès "Ce sont de grandes équipes, c’est l’un des groupes les plus compliqués", reconnaît  la milieu de terrain. "Mais d’un autre côté, on a déjà joué contre ces équipes-là en match amical, et on a su les battre. C’étaient des amicaux, certes, mais dans notre esprit, on part en sachant qu’on est capables de les battre à nouveau."

Faut-il y voir un excès de confiance pour une équipe qui disputera sa première compétition internationale ? Pas si l’on juge les progrès de la sélection dans un pays où le football féminin a du mal à se faire une place dans l’ombre de Diables Rouges habitués au succès.

"Le fait que ce soit le même groupe depuis quatre ou cinq ans explique nos progrès. La sélection est un peu devenue une équipe de club", juge celle qui a intégré les Red Flames en février 2015. "En plus de cela, la BeNe League (championnat commun à la Belgique et aux Pays-Bas entre 2012 et 2015) a augmenté le niveau. Ensuite, le départ d’un grand nombre de joueuses l’année dernière à l’étranger met encore du dynamisme dans notre progression."

Destins croisés Curieusement, les deux équipes dans lesquelles joue Yüceil ont le même profil. "En y réfléchissant, il y a beaucoup de points communs entre l’OM et la sélection belge", estime la Phocéenne. "C’est la petite équipe qui a tout à prouver, mais en même temps que les autres équipes attendent, pour ce que leur nom représente dans le football. On est entre les deux, en pleine évolution et cherchant une confirmation."

Avec son club, créé en 2011 et promu dans l’élite en 2016, il s’agit de rivaliser sur le long terme avec les grandes puissances habituelles. Quant à la sélection, après une première qualification pour l’épreuve européenne, elle est déjà tournée vers les qualifications pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019™, en espérant écrire une nouvelle page d’histoire. "J’adore cette position, du petit qui cherche à se construire et veut devenir plus grand", conclut Yüceil, résumant ainsi le fil de sa carrière jusqu’à présent.

Sara hors des terrains… - les débuts : "J’ai commencé à jouer à cinq ans avec mon frère. Nous sommes une famille très sportive, mon père a joué et été entraîneur de basket. Nous avons joué au foot et au basket, mais ensuite, mon frère s’est décidé pour le football. Et je l’ai suivi !"

  • les idoles : "Mon père est turc, et notre équipe, c’était Galatasaray. Donc pour moi, tout en haut, il y a Gheorghe Hagi ! Aujourd’hui, je n’ai pas forcément un joueur ou une joueuse qui me fait rêver… à part ma coéquipière Janice Cayman !"

  • à part le foot ? "Pour la première fois de ma vie, je peux vivre du football. Avant, c’était le travail d’abord, et le foot après. J’ai fait des études dans le social. J’ai travaillé dans un centre pour femmes en difficulté, puis comme coordinatrice en animation dans une école maternelle. Ça me manque de temps en temps de travailler, mais c’est super de découvrir une vie comme celle-là."