Lindahl, la vingtaine rugissante et brillante

  • Hedvig Lindhal dispute sa cinquième et peut-être dernière Coupe du Monde Féminine

  • La gardienne suédoise a joué un rôle essentiel dans le parcours de son équipe

  • "Nous ne sommes pas satisfaites de finir parmi les quatre premiers", assure-t-elle.

De notre reporter d’équipe avec la Suède, Alexandra Jonson

En 2003, une joueuse de 20 ans prend place sur le banc de la Suède en tant que troisième gardienne pour disputer la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ aux États-Unis. À l’issue du tournoi, elle monte sur la deuxième marche du podium. Seize ans, quatre éditions et 19 matches de Coupe du Monde Féminine plus tard, Hedvig Lindahl s’apprête à disputer son dernier match sur la scène mondiale. Une qualification pour la finale lui aurait permis de boucler la boucle. Au bout du compte, sa 20ème et -probablement - ultime sortie aura pour enjeu la médaille de bronze. Malgré la déception, Lindahl est bien décidée à remporter la victoire.

"Ça n’aurait pas dû se finir ainsi", regrette la Suédoise au micro de FIFA.com lorsqu’on l’interroge sur ses sentiments en entendant résonner le coup de sifflet final à Lyon. "Nous n’avions pas prévu de jouer le match pour la troisième place. Ce que nous voulions, c’était la finale. Sur le coup, j’étais très en colère, car c’était ma dernière chance."

Lindahl est l’une des héroïnes de la belle aventure suédoise en France. Les supporters retiendront certainement son intervention décisive sur un penalty canadien en huitième de finale. Elle a encore multiplié les gestes de grande classe lors de la demi-finale contre les Pays-Bas. Malheureusement, la défaite n’en est que plus difficile à accepter.

Mais dès lendemain, Lindahl s’est ressaisie. "Ça ne sert à rien de s’énerver sur quelque chose qu’on ne peut plus changer", note-t-elle avec philosophie. "Il faut accepter la situation telle qu'elle est. Maintenant, j’essaye d’imaginer ce que je pourrais ressentir si nous terminions quatrièmes et, franchement, je n’ai pas du tout envie de vivre ça. Après tout ce temps passé loin de ma famille, après tous les efforts que nous avons consentis pendant la préparation... il n’est pas question que je reparte les mains vides !"

Entre satisfaction et déception

Depuis sa première expérience en tant que remplaçante en 2003, Lindahl a participé à quatre éditions de l’épreuve, s’adjugeant au passage le bronze en 2011. Elle a par ailleurs été nommée gardienne de l’année en Suède à sept reprises et compte également deux titres de Joueuse suédoise de l’année.

Le 3 juillet dernier, elle est devenue la Suédoise qui a disputé le plus de matches en Coupe du Monde Féminine, devant Therese Sjogran. "Ça me fait plaisir. Ça prouve que j’ai travaillé dur, avec passion et pendant longtemps. Mais tous les records sont faits pour être battus. J’attends désormais que quelqu’un fasse mieux", confie-t-elle.

Si le parcours de la Suède en France a surpris, les principales intéressées elles-mêmes étaient convaincues de pouvoir aller au bout de leur rêve. "C’était notre année. La finale nous tendait les bras. C’est intéressant de voir à quel point nous sommes déçues d’avoir échoué. Nous occupons la neuvième place du classement mondial, mais nous ne sommes pas satisfaites de finir parmi les quatre premières. Ça en dit long. Quoi qu’il arrive, je sais que nos concitoyens sont fiers de nous, mais nous voulons nous rendre justice et remporter cette médaille de bronze", conclut-elle, décidée à terminer avec le sourire le match pour la troisième place à Nice contre l’Angleterre.

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