Aitana brise les barrières pour la Roja

15 juin 2019

"Cette fille est rapide, tu sais ?" Cette "fille" n’est autre que Shanice Van de Sanden, qui arpente le flanc gauche de l’Olympique de Lyon et des Pays-Bas. L’une des joueuses les plus puissantes du football mondial. Aitana Bonmatí n’avait pas besoin de plus de précisions.

"La seule chose qui comptait à ce moment-là était de ne pas encaisser un autre but", se souvient Aitana. L’Espagnole a alors piqué un sprint de près de 70 mètres pour finalement prendre la Néerlandaise de vitesse. On disputait la 61ème minute de la finale de la Ligue des champions féminine de l’UEFA, perdue 4-1 par le FC Barcelone.

Si cette action a fait le buzz sur Internet, le match dans son ensemble a surtout permis à Aitana d’en apprendre un peu plus sur elle-même. Moins d’un mois plus tard, elle est l’une des joueuses espagnoles dont le rendement donne une réelle satisfaction au sélectionneur Jorge Vilda en cette Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019.

Aitana Bonmatí en bref

  • 21 ans, milieu de terrain créative

  • Club : FC Barcelone, formée à la Masia

  • 12 buts en 20 matches cette saison en Liga

  • Titulaire en finale de la Ligue des champions

  • Vice-championne du monde U-17 et U-20

  • 15 sélections en équipe A

"C’était comme une barrière mentale", explique l'Espagnole. "Je me disais que j’étais trop petite (elle mesure 1m62), trop jeune… Parfois, j’avais peur qu’on m’aligne lors d’un grand match, car je ne savais pas comment j’allais me comporter. Mais j’ai joué contre la meilleure équipe du monde et je me suis prouvé que j’étais capable de jouer des matches difficiles, comme face à l’Allemagne il y a quelques jours, et tous ceux qui vont suivre".

Face à l’Afrique du Sud, son entrée au jeu en seconde période, couplée à celle de Lucía et Nahikari García, s’est avérée décisive pour la remontée espagnole (3-1). Présente dans le stade, la FIFA Legend Veronica Boquete, a d’ailleurs apprécié sa prestation : "J’ai surtout aimé ce qu’Aitana a apporté dans le milieu de terrain". Face à l’Allemagne, Bonmatí est de nouveau sortie du banc pour emballer le match, mais sans succès cette fois.

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Petite, mais avec du caractère

S’il y a bien une chose qu’Aitana a démontrée depuis qu’elle évolue en sélection dans les catégories d’âge, c’est que son apparente fragilité n’est en réalité qu’une façade. Outre son aisance technique et sa bonne vision du jeu, la milieu de terrain possède un caractère bien trempé.

"C’est vrai", admet-elle en riant. "Mais ça ne date pas d’hier. Ça remonte à mes débuts dans le football, parce que j’ai commencé à jouer avec des garçons à l’école et qu’ils m’insultaient. Mais je n’ai jamais laissé personne me marcher sur les pieds. Ceux qui m’insultaient, je les insultais encore plus. Quand on me donnait des coups, je les rendais… L’esprit de compétition, le tempérament et l’ambition qui me caractérisent aujourd’hui viennent de là".

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Le manque de réalisme, une barrière mentale ?

La rencontre face à la RP Chine s’apparente à un quitte ou double pour la Roja. Pour décrocher leur qualification pour les huitièmes de finale, un nul suffit mais les Espagnoles devront se montrer plus réalistes devant le but, un problème récurrent.

Pour Aitana, il ne s’agit pas d’une "barrière psychologique", mais le problème n’en demeure pas moins réel. "Ce manque de réalisme est criant. Je mentirais si je disais que nous sommes une équipe super efficace qui convertit toutes ses occasions. Nous nous créons des possibilités, mais nous manquons de lucidité dans la surface. Cela dit, ça ne sert à rien de ressasser inlassablement ce problème ni de nous torturer l’esprit, car nous allons nous améliorer".

La recette face à la Chine ?

  1. Agressivité : "Nous devons nous montrer plus agressives qu’elles. Face à l’Allemagne, surtout en première période, nous avons été très agressives et présentes sur tous les deuxièmes ballons".

  2. État d’esprit : "Il faut être prêtes et concentrées à 100 %".

  3. Verticalité : "Nous devons faire circuler le ballon très rapidement, en quelques touches de balle et avec de la verticalité. Nous devons nous persuader que nous allons marquer et c’est ce que nous allons faire".