Wang Fei ne veut plus rester devant la télé

19 juin 2015

La Coupe du Monde Féminine de la FIFA 1999™ est restée dans les annales avant tout pour l'affluence record en finale et la célébration de Brandi Chastain après la victoire des États-Unis aux tirs au but. Mais pour la RP Chine, finaliste malheureuse cette année-là, le souvenir de cet après-midi ensoleillé à Pasadena est toujours douloureux à raviver, même si ce beau parcours jusqu'en finale a en même temps été un catalyseur pour le football féminin dans la nation la plus peuplée de la planète.

L'actuelle gardienne des Roses d'acier, Wang Fei, en est la preuve vivante. "J'ai regardé cette finale de 1999 avec ma famille", raconte Wang au micro de FIFA.com. "C'était un grand moment pour le football chinois. La sélection masculine n'avait encore jamais joué la Coupe du Monde. Par conséquent, ça a aidé le football féminin chinois à grandir en popularité. Mon principal souvenir est le penalty arrêté par la gardienne américaine. Je crois que personne en Chine n'a oublié ça", raconte-t-elle.

Au moment d'États-Unis 1999, Wang avait neuf ans. "À cet âge-là, je pensais déjà à représenter la Chine en Coupe du Monde. Je ne le disais pas à mes parents, mais j'y pensais sans arrêt. C'était dans mon cœur", poursuit Wang en posant la main sur sa poitrine. "À l'époque, j'étais milieu de terrain, pas gardienne. Mais mon entraîneur à l'école a remarqué que j'avais de bonnes aptitudes dans les buts et comme à l'adolescence, j'ai pris pas mal de centimètres, on a décidé de m'essayer dans les buts. Comme ça, je n'avais pas besoin de courir", dit-elle avant de partir dans un grand rire.

Wang évolue actuellement dans le grand club allemand de Turbine Potsdam, ce qui fait d'elle l'une des premières joueuses de son pays à jouer en Bundesliga, où elle a débuté plus tôt dans l'année. L'entraîneur Bernd Schroder, a immédiatement été impressionné par la gardienne chinoise. "Je crois que nous avons trouvé la nouvelle Nadine Angerer", avait-il lâché au moment de la signature du contrat.

Petite douleur En huitième de finale de Canada 2015, la RP Chine sera opposée au Cameroun, avec en cas de parcours victorieux jusqu'en demi-finale, une éventuelle confrontation avec l'Allemagne. Cette perspective n'effraie pas Wang. Au contraire. "Ça serait particulier. Plusieurs de mes coéquipières en club sont dans cette équipe", confie l'admiratrice d'Iker Casillas, Manuel Neuer et Hope Solo. "Si ce match doit avoir lieu, je veux absolument le gagner mais en même temps, ça me fera de la peine pour mes partenaires de Potsdam."

Wang a été l'une des meilleures joueuses chinoises au premier tour, à l'issue duquel les représentantes de l'Empire du Milieu ont terminé deuxièmes du Groupe A, derrière la nation hôte. Grande et agile, Wang dégage une confiance impressionnante dans les airs. Lors des deux premières rencontres disputées par la RP Chine au Canada, elle ne s'est inclinée qu'une seule fois, sur un penalty tiré à la perfection par la capitaine canadienne Christine Sinclair. En revanche, la gardienne de 25 ans n'était pas satisfaite à l'issue du match contre la Nouvelle-Zélande (2:2), où elle a souffert d'un coup à l'épaule reçu lors de la rencontre précédente, face aux Pays-Bas. "J'ai concédé deux buts et ça m'a contrariée. J'ai eu mal pendant tout le match, mais en même temps, je peux faire abstraction de la douleur. Surtout en Coupe du Monde, je ne veux pas qu'une petite douleur gâche cette expérience incroyable."

La RP Chine ne s'était pas qualifiée pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Allemagne 2011™. Dès lors, Canada 2015 est une occasion de se racheter pour les Roses d'acier. Wang estime que la sélection chinoise est en net progrès et qu'elle se rapproche du niveau de la promotion 1999. "On n'est plus si loin d'elles. On joue beaucoup plus dans les pieds et nous dégageons plus de force qu'avant. Nous voulons gagner. Nous sommes bien dans ce tournoi et nous ne voulons pas que ça change", conclut-elle.