Dennerby : "Nous jouerons pour la gagne"

  • Thomas Dennerby a pris les rênes de la sélection féminine indienne en août

  • Il dirigera les hôtes lors de la Coupe d'Asie Féminine de l'AFC en janvier

  • Il évoque ses objectifs pour l'Inde et le développement du football féminin

Emmenée par le Suédois Thomas Dennerby, l'Inde aborde la Coupe d'Asie Féminine de l'AFC 2022 dans l'espoir de renouer avec le succès qu'elle avait connu lors des débuts de l'épreuve continentale, où elle avait notamment atteint la place de finaliste en 1979 et 1983. Les décennies suivantes n'ont guère été tendres pour les Tigresses bleues, qui n'ont participé qu'à cinq des 14 dernières éditions, sans jamais franchir le cap de la phase de groupes. Les hôtes de la prochaine Coupe d'Asie Féminine tiennent aujourd'hui l'occasion de redorer leur blason, bien que Dennerby, nommé à leur tête en août, soit conscient des difficultés de la tâche.

L'ancien sélectionneur de la Suède et du Nigeria, qui a dirigé les U-17 indiennes ces deux dernières années, s'est entretenu avec FIFA.com du football indien, de l'équipe actuelle et des tendances du jeu féminin moderne.

Thomas, comment vivez-vous votre mandat d'entraîneur de l'équipe nationale féminine du deuxième pays le plus peuplé de la planète ? J'ai été honoré de ma nomination à ce poste, qui est aussi passionnant que motivant compte tenu de l'imminence de la Coupe d'Asie Féminine. Il est difficile de se préparer à une compétition dans les conditions actuelles, puisque de nombreux pays appliquent les règles de quarantaine. Mais la Fédération indienne de football nous a aidés et nous avons pu disputer des amicaux aux EAU, à Bahreïn et en Suède. Ces confrontations nous permettent d'évaluer notre niveau. Les joueuses travaillent très dur et j'espère que nous ferons bonne figure. Possédez-vous une bonne maîtrise du football féminin indien après avoir passé ces deux dernières années aux commandes des U-17 ? C'est en partie en raison de cette expérience de deux ans et de ma connaissance du football indien que j'ai pris les rênes de l'équipe nationale. Je ne pouvais pas être basé en Inde à cause de la pandémie, mais à mon retour début février 2021, j'ai assisté à un entraînement des seniors à Goa. Quand on regarde une équipe évoluer depuis les tribunes, on ne peut s'empêcher de penser à ce qu'on pourrait faire pour l'aider. Peu après, Maymol Rocky, la précédente sélectionneuse, a démissionné et l'AIFF m'a contacté.

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Quel est le potentiel de l'équipe féminine ? Certaines individualités sortent-elles du lot ? Nous avons des joueuses de très bon niveau et d'autres douées de qualités spécifiques. Elles ont toutes du talent. C'est un sport collectif, aussi il est préférable de ne pas citer de noms pour l'instant, mais certaines m'ont impressionné. Je les pousse sans cesse à se dépasser. Bala Devi est l'une des rares footballeuses indiennes expatriées en Europe. Espérez-vous voir davantage de joueuses indiennes évoluer dans de grands clubs européens ? Absolument. J'ai des amis en Suède et dans toute l'Europe qui s'intéressent à nos joueuses, dont le talent les surprendra. Du fait de la pandémie, on ne peut pas les envoyer faire des essais en Europe, mais elles se sont produites en Suède dans le cadre d'un stage, ce qui pourrait ouvrir des portes à certaines d'entre elles. Quel type d'assistance avez-vous reçu de l'AIFF ? La fédération nous a apporté un soutien exceptionnel et s'emploie à satisfaire nos moindres demandes. Nous bénéficions de son appui inconditionnel dans différents domaines. Par exemple, alors qu'il est difficile d'organiser des amicaux pendant la pandémie, nous avons pu effectuer des déplacements. Tout le monde travaille avec plaisir et nous essayons d'inculquer une culture de la gagne à l'équipe.

Vous n'avez eu que quelques mois pour vous préparer à la Coupe d'Asie Féminine de l'AFC prévue en janvier... Nous avons fait des stages. Le plus important est de ne pas se limiter aux entraînements, mais de disputer des matches. Un ou deux succès aideraient les joueuses à acquérir un mental de vainqueur et à croire dans leurs chances. Après tout, le football est aussi affaire de mentalité. Pensez-vous réussir à conduire l'Inde à sa première Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ en 2023 ? Chaque chose en son temps. Nous en rêvons, bien sûr, mais nous devons d'abord faire partie des huit quarts de finaliste de la Coupe d'Asie. Si nous y parvenons, tout peut arriver. Tout ce que je peux promettre, c'est que nous jouerons pour la gagne. Nous donnerons le meilleur de nous-mêmes et nous nous battrons pied à pied.

India women's national team in training.

Que pensez-vous des tendances actuelles du football féminin et de son développement en général ? Le jeu de passes s'est considérablement amélioré au fil des ans. Les joueuses ont aussi énormément progressé sur le plan technique. Tout est beaucoup plus compact en termes d'organisation, de structure et même de défense. Il n'y a plus de formations faibles. La plupart des équipes sont disciplinées et difficiles à prendre en défaut. Dans l'ensemble, les compétitions sont nettement plus relevées. J'ai commencé à entraîner en 1997, alors j'ai l'impression d'être un ancêtre (rires). À l'époque, nous comptions dans nos rangs quelques bons éléments, d'autres de niveau moyen et certains qui n'auraient aucune chance de jouer aujourd'hui. Toutes les footballeuses sont physiques à présent. Quelle est votre plus grande réussite sur le banc à ce jour : la troisième place obtenue avec la Suède à Allemagne 2011, le prix d'Entraîneur suédois de l'année en 2004 ou la qualification du Nigeria pour France 2019 ? C'est difficile de choisir. Tout dépend de l'endroit où l'on est. En Suède, ce sont les médailles qui comptent. Au Nigeria, nous avons gagné la CAN et nous nous sommes qualifiés pour la Coupe du Monde. Je poursuis toujours un rêve et pour le moment, c'est de voir l'Inde atteindre les quarts de finale de la Coupe d'Asie.

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