Van de Donk : "Je suis là pour gagner des titres et des tournois"

1 juil. 2021
  • Danielle van de Donk et les Pays-Bas se préparent à disputer leurs premiers Jeux Olympiques

  • La Néerlandaise revient sur l’évolution de son équipe depuis la finale de la Coupe du Monde Féminine 2019

  • La nouvelle recrue de l’Olympique Lyonnais assure que les Oranje Leeuwinnen "ne redoutent pas la pression"

Danielle van de Donk préfèrerait éviter de jouer le jour de son 30ème anniversaire. En effet, le match pour la médaille de bronze du Tournoi Olympique de Football féminin, Tokyo 2020 doit avoir lieu ce jour-là. Elle espère plutôt être occupée à préparer le match pour la médaille d’or. L’objectif n’a rien d’utopique, étant donné que les Pays-Bas sont champions d’Europe et vice-champions du monde en titre. FIFA.com a rencontré Van de Donk, qui vient de s’engager à l’Olympique Lyonnais après six années à Arsenal, afin de cerner l’état d’esprit des Néerlandaises à l’approche de cette première participation.

BREDA, NETHERLANDS - NOVEMBER 27: Danielle van de Donk of Netherlands is challenged by Julie Ertz of USA during the International Friendly match between Netherlands Women and USA Women at Rat Verlegh Stadion on November 27, 2020 in Breda, Netherlands. Sporting stadiums around Netherlands remain under strict restrictions due to the Coronavirus Pandemic as Government social distancing laws prohibit fans inside venues resulting in games being played behind closed doors. (Photo by Dean Mouhtaropoulos/Getty Images)

Danielle, comment décririez-vous l’évolution des Pays-Bas depuis la finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2019™ ? Nous sommes fières d’avoir atteint la finale mais, d'un autre côté, nous savons que nous devons progresser si nous voulons battre les États-Unis. Nous voulons nous mesurer aux meilleures. Au cours de cette période, nous avons livré de bonnes performances. Nous avons étudié notre jeu en détail et nous avons tout fait pour corriger nos défauts. Nous avons cherché à repousser nos limites. Nous voulions notamment progresser physiquement et nous y sommes arrivées. Nous sommes passées tout près de la victoire. Maintenant, il faut faire les efforts nécessaires pour franchir l’ultime étape. Quelle est la leçon la plus importante que vous avez retirée de cette Coupe du Monde Féminine ? Il ne faut avoir peur de personne. C’est très important car nous n’avions pas vraiment l’habitude d’affronter les grands noms du football féminin. Nous avons trouvé face à nous des joueuses que nous admirions. J’espère que les choses ont changé et qu’aujourd'hui, nos adversaires nous admirent à leur tour car nous avons fait nos preuves, ces dernières années. Auparavant, j’étais effrayée, je ne pouvais pas m’empêcher de penser que j’allais jouer contre la Suède de Fischer, par exemple. Ce n’est plus le cas désormais. Je suis impatiente de rencontrer les meilleures car je sais que ça va me permettre de progresser. Cet état d’esprit, nous le devons à Sarina Wiegman. Je la remercie de nous avoir appris à penser ainsi. À Tokyo, votre équipe fera partie des favoris. Comment allez-vous gérer cette pression ? Nous avons récemment perdu contre l’Italie. Nous savons que nous n’avons pas été à la hauteur. Les journalistes ne se sont pas privés de nous le rappeler. Nous savons donc que la pression et les critiques font partie du football de haut niveau. Ça ne nous fait pas peur. Au contraire, ça nous aide à progresser. C’est instructif. .

Vous considérez-vous comme une leader de cette équipe ? Je me vois un peu comme ça. Sur le terrain, je sens quand il faut calmer le jeu. Dans ces moments-là, j’essaye de garder le ballon, de faciliter la vie de mes partenaires et de rester positive. À d’autres moments, il faut faire preuve de caractère. Dans ce cas, s’il y a un tacle à faire, on peut toujours compter sur moi ! (rires) En dehors du terrain, il faut soigner l’esprit d’équipe. C’est important que tout le monde se sente à l’aise. Mes coéquipières savent qu’elles peuvent venir me trouver en cas de problème. Je ne veux surtout pas qu’il y ait un fossé entre les jeunes et les anciennes. J’aime que chacune trouve sa place et se sente appréciée. Les États-Unis font partie des favoris pour la médaille d’or, au même titre que les Pays-Bas. Comment faire pour les battre ? Avec les Américaines, la patience est de mise. On sait qu’elles sont très fortes physiquement. Elles peuvent courir toute la journée. Mais si nous restons appliquées et que nous essayons de développer notre jeu habituel, je suis sûre que nous pouvons les battre. L’essentiel, c’est de gagner ses duels et de toujours y croire. Votre état d’esprit compétitif est un aspect important de votre jeu. Avez-vous dû apprendre à canaliser cette combativité ? Si je n’étais pas une compétitrice dans l’âme, je ne serais pas arrivée à ce niveau. Mais je ne me souviens pas avoir regardé un match en me disant : "Là, j’ai vraiment dépassé les bornes". Spontanément, j’ai tendance à harceler les défenseuses et les gardiennes. Ça demande beaucoup d’énergie mais, à l’époque, je ne m’en rendais pas compte. En vieillissant, j’ai appris à mieux gérer mes efforts. Il m’arrive encore de le faire, mais je sais que parfois, il faut se contenter d'une simple touche. J’ai appris à me connaître au fil du temps et je contrôle beaucoup mieux mes impulsions et ma combativité.

Vous allez disputer vos premiers Jeux Olympiques. Que ressentez-vous à cette idée ? C’est de la folie ! En tout cas, ça fera très bien sur mon CV ! Pour une athlète, c’est évidemment un moment fort. Je suis impatiente d’y être. Je suis là pour gagner des titres et des tournois, et jouer dans des stades pleins. J’espère que nous ferons honneur à nos couleurs. Quels souvenirs gardez-vous des Jeux Olympiques que vous avez suivis à la télévision quand vous étiez plus jeune ? Quand j’étais plus jeune, j’étais tout le temps dehors, en train de jouer au football ! Si j’étais chez moi, c’était souvent pour regarder du sport à la télévision, généralement du football. J’aime bien le sprint. C’est une discipline un peu folle, surtout quand on pense au temps que ces athlètes passent à s’entraîner. Je ne sais pas comment ils font ! Vous avez grandi à Valkenswaard, une petite ville néerlandaise. Quels souvenirs en gardez-vous ? C’était une époque merveilleuse. J’adorais ma vie là-bas, d’autant que tout le monde était très gentil avec moi. Je partageais mon temps entre deux équipes. Dans la première, j’étais la plus âgée et la capitaine. Dans la deuxième, j’étais la plus jeune et je me comportais comme une petite peste. Pourtant, mes partenaires m’ont toujours très bien traitée. Ils m’ont soutenue et ils ont cru en moi, peut-être parce que j’étais la seule fille de l’équipe. Parfois, nos adversaires lâchaient des commentaires méprisants, mais les garçons de mon équipe répondaient toujours : "Attendez de vois ce qu’elle sait faire..." Au coup de sifflet final, l’ambiance n’était plus du tout la même. On me disait : "En fait, tu es vraiment très forte. C’était un plaisir de jouer contre toi". C’était agréable. Je savais que j’avais gagné leur respect et, pour moi, c’était le plus important.