Naeher rassure et Rapinoe assure

31 juil. 2021
  • Naeher, héroïne de la qualification contre les Pays-Bas

  • Rapinoe pleine de sang-froid pendant la séance de tirs au but

  • Les USA ont remporté la revanche de la finale de France 2019

"S’agit-il du meilleur match de votre carrière", demande un journaliste à Alyssa Naeher à l'issue du quart de finale du Tournoi Olympique de football Féminin, Tokyo 2020 contre les Pays-Bas. La gardienne des États-Unis s’est illustrée une première fois en repoussant un penalty de Lieke Martens en fin de match, alors que les deux équipes étaient à égalité (2-2). Une demi-heure plus tard, elle faisait encore mieux en s’interposant sur les tentatives d’Aniek Nouwen et Vivianne Miedema lors de la séance de tirs au but.

"Ce n’est pas à moi de le dire", répondait timidement l’intéressée. "Ce n’est pas une grande bavarde", commente Megan Rapinoe, auteure du tir au but décisif, avant de chanter elle-même les louanges du dernier rempart des Stars and Stripes. "Elle est incontournable depuis le début du tournoi. Elle n’a pas attendu ce match pour faire des arrêts incroyables. Son intervention sur le penalty en fin de match était énorme. Ensuite, elle a réédité l’exploit par deux fois pendant les tirs au but. Elle a énormément soulagé nos tireuses. Elle nous a offert une tonne de confiance."

Quand Rapinoe s’est avancée pour porter la marque à 4-2, son visage affichait une décontraction à toute épreuve. "J’essaye de ne jamais perdre mon sang-froid. Je me suis dit : ‘Qu’est-ce qui pourrait bien m’arriver ?’", raconte-t-elle. "Bon, je pourrais tout gâcher et provoquer l’élimination de mon pays aux Jeux Olympiques, mais à part ça ?", ajoute-t-elle en éclatant de rire.

Entrée à l’heure de jeu, Rapinoe a multiplié les actions sur le côté gauche. "La richesse de notre effectif fait partie de nos forces", précise la joueuse de 36 ans, qui était l'un des quatre changements opérés par le sélectionneur Vlatko Andonovski, qui a remplacé l'intégralité de son trio offensif. "Les remplaçantes savent qu’elles ont aussi un rôle à jouer. Nous avons pris le dessus au cours de la prolongation."

YOKOHAMA, JAPAN - JULY 30: Emily Sonnett #14 of Team United States celebrates with Megan Rapinoe #15 following their team's victory in the penalty shoot out after the Women's Quarter Final match between Netherlands and United States on day seven of the Tokyo 2020 Olympic Games at International Stadium Yokohama on July 30, 2021 in Yokohama, Kanagawa, Japan. (Photo by Alex Grimm - FIFA/FIFA via Getty Images)

Rapinoe a officialisé la qualification américaine, mais l'exploit de Naeher à neuf minutes du terme l'a rendu possible. "J’ai annoncé dès le début que je voulais aider l’équipe à remporter la médaille d’or. Je suis fière d’avoir contribué à nous rapprocher de cet objectif", précise Naeher, qui dispute son premier Tournoi Olympique de Football Féminin en tant que titulaire.

"J’essaye de laisser parler mon instinct. Je me plonge dans le moment présent, je me concentre sur le ballon, je respire profondément et je fais abstraction du contexte. J’ai tout de même entendu les encouragements de mes coéquipières et ça m’a donné de la force", poursuit la gardienne de 33 ans, pour expliquer ses trois parades sur penalty dans un même match.

"La première frappe donne toujours le ton", détaille-t-elle à propos de l'échec de Vivianne Miedema échouer, qui avait pourtant inscrit dix buts depuis le début du tournoi et qui avait trompé Naeher à deux reprises dans le temps réglementaire. "J’avais confiance en nos tireuses, alors je voulais vraiment en sortir au moins un. Finalement, j’ai fait beaucoup mieux", se félicite la gardienne de Chicago Red Stars. "Quand j’ai vu Megan s’avancer pour tirer le dernier penalty, j’ai eu un très bon pressentiment. Je lui ai demandé de finir le travail. C’est exactement ce qu’elle a fait", conclut Naeher.