Les rêves de Coupe du Monde des Néo-Zélandais

  • Les Néo-Zélandais Bill Tuiloma et Logan Rogerson ont parlé à FIFA+

  • Ils voient les All Whites remporter le barrage intercontinental contre le Costa Rica, le 14 juin

  • Ils évoquent aussi le changement de perception du football dans leurs communautés

Savez-vous quelle est la seule équipe à être restée invaincue à la Coupe du Monde de la FIFA 2010™ ?

Non, ce n’est pas l’Espagne, l’équipe qui a fini par brandir le trophée à Johannesburg, mais bien la Nouvelle-Zélande. Et cette statistique reste une grande source de fierté pour les All Whites.

Cependant, s’ils ont été admirables en Afrique du Sud, 12 années se sont écoulées depuis leur dernière participation à la compétition mondiale. Et six éditions, soit plus de trois décennies, s’étaient écoulées entre la seule participation de la Nouvelle-Zélande jusqu’alors et cette magnifique aventure de 2010.

Pour vous dire que les Néo-Zélandais comprennent l’importance d’un probable retour en Coupe du Monde.

"Ce serait énorme de se qualifier", a déclaré l’ailier néo-zélandais Logan Rogerson à FIFA+. "Je me souviens encore du buzz que ça a créé quand les All Whites sont allés en Afrique du Sud en 2010, et des conséquences sur le football. Ça a motivé les jeunes Kiwis à se mettre au foot. On veut avoir le même impact aujourd’hui."

"Je me souviens me réveiller au beau milieu de la nuit pour regarder la Coupe du Monde 2010 avec mon père. Ce sont des souvenirs géniaux et c’est dingue de se dire que je pourrais faire partie de l’équipe qui nous permet de revivre ça."

DOHA, QATAR - MARCH 18: Logan Rogerson (17) of New Zealand on the ball during the OFC 2022 FIFA World Cup qualifiers match between Papua New Guinea and New Zealand  at Qatar SC Stadium on March 18, 2022 in Doha, Qatar. (Photo by Simon Holmes/Getty Images)

Les Ticos sur la route

La Nouvelle-Zélande n’a besoin que d’une victoire pour atteindre ce rêve, mais pas des moindres. Il faudra en effet battre le Costa Rica qui s’est qualifié pour quatre des cinq dernières éditions de la Coupe du Monde. Mais attention, il ne faudra certainement pas sous-estimer les hommes de Danny Hay.

"On est en pleine confiance", a ajouté Bill Tuiloma, double buteur dans la victoire 5-0 sur les Îles Salomon qui a offert à la Nouvelle-Zélande sa place en barrages. "On pense pouvoir réussir l’exploit et valider notre billet pour la Coupe du Monde."

Andre Carrillo and Bill Tuiloma during the friendly match between Peru and New Zeland, played at the RCDE Stadium, in Barcelona, on 05th June 2022. (Photo by Joan Valls/Urbanandsport /NurPhoto via Getty Images)

"On va donner du fil à retordre au Costa Rica", ajoute Rogerson. "On vient de passer beaucoup de temps ensemble pour peaufiner notre style de jeu et décider d’une identité de jeu. On devrait être au point mardi."

"Il y a énormément de talent dans ce groupe. Avant, peu de joueurs de la Nouvelle-Zélande évoluaient en Europe. Aujourd’hui, pratiquement l’ensemble de notre groupe évolue à un bon niveau professionnel."

D’excellents ambassadeurs

L’expérience à l’étranger n’est pas le seul atout de la promo 2022 de la Nouvelle-Zélande. Cette équipe représente également le melting-pot des cultures du pays, et se détache un peu plus de l’image "All White" (tous blancs) de son équipe de foot.

Pour Rogerson, qui est Maori, et Tuiloma, d’origine samoane, cette représentation de la diversité et de l’inclusivité est essentielle afin de changer les perceptions historiques du beau jeu au sein de leurs communautés.

"Quand j’étais gamin et que je jouais au foot, tout le monde me demandait : ‘Mais qu’est-ce que tu fais ? Ton père joue au rugby, tu devrais faire pareil", se souvient Rogerson. "En fait, j’ai dû aller vivre avec mes grands-parents parce que je voulais jouer au foot et là où j’ai grandi, tu ne pouvais jouer qu’au rugby."

"Heureusement, les temps ont changé et les Maoris ont plus de facilités à jouer au foot aujourd’hui. C’est bien de voir que ça change et j’espère voir davantage de joueurs des Maoris et des îles pacifiques dans l’équipe, pour qu’ils inspirent les enfants de ces origines."

"Ces enfants ont moins de soucis à s’identifier à des joueurs comme Bill et moi parce qu’on vient du même endroit qu’eux. Moi, je viens d’une petite ville maorie où tu peux très vite mal tourner. C’est important que les enfants de ces endroits aient des exemples sur qui s’appuyer pour avoir des ambitions dans la vie. C’est pour cette raison que d’avoir une équipe plus diversifiée fait la différence."

HAMILTON, NEW ZEALAND - JUNE 11:  Bill Tuiloma of New Zealand is consoled by family after losing the FIFA U-20 World Cup New Zealand 2015 Round of 16 match between Portugal and New Zealand at Waikato Stadium on June 11, 2015 in Hamilton, New Zealand.  (Photo by Hannah Peters/Getty Images)

Tuiloma aime lui aussi être un modèle pour sa communauté et son sport.

"Je reçois des messages de personnes des îles pacifiques qui me disent que leurs enfants jouent au foot et qu’ils veulent être comme moi", raconte le défenseur de Portland Timers.

"C’est génial d’entendre ça parce qu’on espère être source d’inspiration pour ces gamins." En étant convoqués en équipe nationale, ces stars des All Whites montrent déjà l’exemple. Alors, s’ils parviennent à entrer dans l’histoire en se qualifiant pour la Coupe du Monde 12 ans après la dernière, qui sait de quoi l’avenir du football néo-zélandais sera fait ?