Torreira, le petit géant de l’Uruguay

5 juil. 2018
  • Torreira a été un rouage essentiel de l’entrejeu face à la Russie et au Portugal

  • Il a reçu sa première convocation il y a quatre mois à peine

  • "El Enano" a gagné la confiance de Tabárez

Par Florencia Simoes, avec l’Uruguay

Et dire qu’il était pratiquement anonyme il y a quelques mois… Aujourd’hui, Lucas Torreira fait beaucoup parler de lui. Du haut de son mètre soixante-huit, El Enano ("le nain") allie pugnacité à la récupération et clairvoyance à la distribution. En huitièmes de finale, il a éreinté le milieu de terrain portugais grâce à une prestation monumentale. En quarts, c’est un poisson encore plus gros et plus insaisissable qui l’attend : la France de Griezmann, Mbappé et compagnie.

Son profil correspond parfaitement à ce que recherche désormais le sélectionneur Óscar Tabárez pour le cœur de son dispositif. "Mes qualités, ce sont ma vitesse, ma capacité à bien défendre et mes ouvertures en profondeur. Et puis je suis plutôt à l’aise balle au pied", décrit Torreira à la FIFA. Son match face aux Portugais a permis d’apprécier son répertoire : le numéro 14 de la Celeste a parcouru plus de 10 kilomètres, et il a été l’un des Uruguayens les plus autoritaires dans le secteur défensif avec quatre dégagements, quatre ballons contrés et deux interceptions.

Torreira n’a intégré la sélection que récemment. En 2017, certains supporters et journalistes uruguayens, séduits par son rendement à la Sampdoria, avaient déjà milité pour sa convocation. Il a pourtant fallu attendre mars 2018 pour qu’il soit appelé, à l’occasion de la China Cup, où ses performances ont convaincu Tabárez de l’emmener en Russie. Remplaçant contre l’Égypte et l’Arabie Saoudite, il a marqué les esprits lors de sa titularisation face à la Sbornaya, pour le troisième match de groupe.

"Il nous apporte des solutions pour le jeu que nous voulons proposer", a indiqué Tabárez. Torreira ne cherche pas à cacher l’émotion générée l’expérience qu’il en train de vivre, totalement improbable il y a quelques mois de cela : "J’ai toujours rêvé de porter le maillot de mon pays et quand cette occasion s’est présentée, j’ai été enchanté de me retrouver en Russie. Pour moi, c’est le summum et je suis très satisfait de mes performances".

Son parcours

  • À 16 ans, il quitte sa ville de Fray Bentos pour tenter sa chance à Montevideo

  • Il signe aux Wanderers, où il est utilisé en tant que milieu excentré alors qu’il était plutôt attaquant ou milieu offensif jusque-là

  • Un an plus tard, en janvier 2015, il arrive à Pescara (Italie)

  • L’entraîneur, Massimo Oddo, le repositionne milieu relayeur. "Sinon, tu n’iras pas plus haut que la Serie C"

  • En juillet 2015, il est acheté par la Sampdoria, qu’il n’intègre qu’en juillet 2016 après avoir été prêté à Pescara

  • Il a fait ses débuts en équipe d’Uruguay le 23 mars 2018 en amical contre la République Tchèque

La France en ligne de mire C’est maintenant la France qui se profile. Ce duel s’annonce capital pour que l’Uruguay puisse "rêver encore plus fort d’atteindre un objectif que nous voulons tous", comme l’a annoncé le capitaine charrúa, Diego Godín.

Torreira est conscient qu’il sera compliqué de museler l’une des attaques les plus explosives de cette Coupe du Monde, mais ne comptez pas sur lui pour s’échapper devant le défi : "Ça va être un match très équilibré. Ils ont de gros joueurs au milieu et en attaque. Ils vont très vite et cherchent à exploiter les espaces. On a analysé leurs qualités et leurs défauts pour les mettre en danger avec nos armes".