Okazaki, l'arme fatale du Japon

31 mars 2010

L'ascension de Shinji Okazaki jusqu'à l'élite du football japonais a été fulgurante. Appelé pour la première fois en équipe nationale il y a tout juste 18 mois, l'attaquant de 23 ans a déjà inscrit la bagatelle de 16 buts - plus d'une réalisation tous les deux matches - pour les Blue Samouraïs.

En 2009, Okazaki a marqué à 15 reprises en équipe nationale. Il est l'auteur notamment du but contre l'Ouzbékistan qui a offert au pays du Soleil Levant la qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. Son rendement lui a même valu d'être nommé meilleur buteur international 2009 par l'IFFHS (fédération internationale des statistiques et de l'histoire du football).

Longtemps critiqué pour ses problèmes de finition, le Japon a peut-être trouvé son avant-centre le plus prometteur depuis Kazuyoshi Miura. De son côté, Okazaki puise dans la nouvelle étiquette qu'on lui colle une source de motivation supplémentaire pour trouver le chemin des filets. "Je ne pense pas à être le buteur attitré de l'équipe. Mais ce statut me met la pression, ce qui n'est pas une mauvaise chose pour progresser", analyse-t-il.

But doublement décisif Parmi les 16 buts qu'il a inscrits sous le maillot bleu, Okazaki identifie celui marqué contre l'Ouzbékistan en juin 2009 comme un moment décisif dans sa carrière. À la neuvième minute, l'attaquant nippon avait repris victorieusement une passe de Kengo Nakamura, avec à la clé une conséquence monumentale : la qualification du Japon pour la Coupe du Monde de la FIFA 2010, alors qu'il restait encore deux journées dans les qualifications asiatiques.

"C'est le plus beau moment de ma carrière à ce jour. À côté, les autres buts n'ont pas beaucoup de signification pour moi", poursuit Okazaki. "Au coup d'envoi, je ressentais une pression énorme. Finalement, j'ai prouvé que je pouvais faire la différence, même dans les grands matches. C'est comme si j'avais grandi d'un seul coup".

Pour l'avant-centre du Shimizu S-Pulse, ce but a effectivement déclenché une véritable avalanche. Au cours de la deuxième moitié de l'année 2009, il a marqué huit fois en quatre matches, dont deux hat-tricks, contre Hong Kong et le Togo. Le réalisme d'Okazaki a déteint sur le reste de l'équipe, qui a gagné 10 de ses 15 rencontres en 2009, avec seulement trois défaites. Mais celle concédée contre les Pays-Bas a été mal digérée par le jeune goleador.

En première période, les Nippons s'étaient créé plusieurs bonnes occasions, Okazaki et Nakamura manquant de peu d'ouvrir le score. Mais après l'heure de jeu, la domination s'est inversée et à la 69ème minute, Robin van Persie a donné l'avantage aux Pays-Bas. L'attaquant d'Arsenal a ensuite été imité par Wesley Sneijder et Klaas-Jan Huntelaar.

Ça ne sert à rien de spéculer sur nos chances de remporter tel ou tel match. Mon boulot est de marquer. Chaque adversaire sera difficile mais si nous nous préparons à la perfection, nous pouvons atteindre notre objectif

Pression et optimisme Le résultat final (0:3) a jeté un froid sur les espoirs nippons en vue de la Coupe du Monde de la FIFA 2010, où les chemins japonais et néerlandais se croiseront de nouveau lors de la dernière journée du Groupe E, le 24 juin. Okazaki reste toutefois optimiste. "Malgré la défaite, je reste convaincu que je peux réussir quelque chose contre les grandes équipes. Face aux Pays-Bas, j'ai eu plusieurs occasions. Le scénario aurait pu être complètement différent si j'avais été plus adroit".

En 2010, Okazaki n'a pas baissé en régime, ouvrant la marque à l'occasion du match remporté 2:0 par le Japon face à Bahreïn dans les qualifications pour la Coupe d'Asie de l'AFC 2011. Mais à deux mois à peine du coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 2010, la pression s'accumule sur les épaules des Blue Samouraïs, qui se sont fixé pour mission d'atteindre le dernier carré de l'épreuve mondiale.

Okazaki prend les choses avec philosophie. "Ça ne sert à rien de spéculer sur nos chances de remporter tel ou tel match. Mon boulot est de marquer. Chaque adversaire sera difficile mais si nous nous préparons à la perfection, nous pouvons atteindre notre objectif", conclut le jeune homme.