Al Shehri, leçons du passé et ambition pour demain

L'Arabie Saoudite, qui est passé à côté de nombreuses compétitions internationales au cours des 20 dernières années vient de se qualifier pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, République de Corée 2017, quatre ans après leur participation à l'édition colombienne.

Le stratège de cette conquête est le Saoudien Saad Al Shehri, successeur de Khaled Al Quruni, grand artisan de l'épopée de 2011. Al Shehri s'était fixé deux objectifs pour la Coupe d'Asie des Nations de l'AFC U-19, Bahreïn 2016. "Quand on dispute une compétition continentale, le premier objectif est de se qualifier pour la Coupe du Monde", confie-t-il à FIFA.com. "Nous avons atteint les quarts de finale, où nous devions battre l’Irak. Nous avons très bien joué et mené de deux buts, mais notre manque d’expérience nous a empêchés de tenir ce résultat. Nous avons été les plus forts psychologiquement, après l'égalisation, lors de la séance de tirs au but. Avec notre victoire et la qualification pour République de Corée 2017, nous avons été très fiers de redonner une dimension mondiale au football saoudien."

"J’ai ensuite pensé au second objectif : le titre de champion d’Asie, qui nous échappe depuis longtemps. Nous avons battu l’Iran en demi-finale et nous avons bien joué en finale contre le Japon, mais nous avons perdu aux tirs au but. Je voulais remporter le titre, mais la chance n’était pas de notre côté." L’Arabie Saoudite a attendu Colombie 2011 avant de se hisser pour la première fois au second tour de la Coupe du Monde U-20. Al Shehri avait lui-même auparavant disputé Nigeria 1999 avec sa sélection. "C’était une génération fantastique pour le football saoudien", raconte-t-il. "Malheureusement, nous n’étions pas assez préparés pour cette épreuve. Les matches internationaux que nous avions disputés pouvaient se compter sur les doigts de la main".

"À travers cette expérience et d’autres, j’ai compris que nous devrions préparer au mieux nos joueurs, car toutes les équipes avaient progressé", poursuit-il. "J’ai programmé des petits rassemblements hebdomadaires depuis la fin de la Coupe d’Asie. Durant les prochains mois, nous allons travailler d'arrache-pied lors de stages à l’étranger et disputer pas moins de 15 matches internationaux avant la Coupe du Monde. Notre objectif est d’arriver le plus loin possible dans cette épreuve. Il ne faut pas se contenter de participer ou d’atteindre le second tour. Nous allons inculquer aux joueurs la culture de la gagne et les convaincre qu’ils sont capables de battre n’importe qui."

Rêve olympique Al Shehri a multiplié les expériences dans le football. Après avoir fait son trou dans l'équipe première d’Al Ittifaq, il a signé à Al Nassr, mais une blessure l’a empêché de réaliser ses rêves. Il s’est engagé avec Al Qadisiyah et a travaillé comme professeur d’éducation physique dans une école de la région. "J’étais sur le point de disputer les qualifications pour la Coupe du Monde 2002 avec l’équipe nationale, mais les choses ont mal tourné. Une fois ma retraite prise, je me suis tourné vers le métier d’entraîneur et j’ai tout naturellement commencé par les équipes de jeunes. J’ai réussi à remporter le des championnats de jeunes, ce qui m’a permis de prendre les rênes de la sélection saoudienne U-20."

"Je ne suis pas pressé, je ne veux pas brûler les étapes. On m’avait proposé auparavant d’entraîner des grands clubs saoudiens, mais j’ai préféré avancer pas à pas. Comme les joueurs, qui ont besoin d’expérience, un entraîneur doit travailler beaucoup et progresser régulièrement afin d'atteindre les sommets", souligne celui qui est également en charge de la sélection olympique.

"Notre objectif sera ensuite d'atteindre les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Nous n’aurons pas beaucoup de temps après la Coupe du Monde car nous seront déjà tournés vers les qualifications olympiques et j’espère que nous permettrons à l’Arabie Saoudite de retrouver également cette compétition internationale", conclut celui qui espère faire décoller les Faucons pour de bon.

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