Les USA à la sauce hollandaise

26 août 2009

L'édition égyptienne marquera la troisième participation de Thomas Rongen à une phase finale de Coupe du Monde U-20 de la FIFA. Bien entendu, le Néerlandais compte bien tout faire pour mener ses jeunes protégés à la victoire. Toutefois, il n'en oublie pas pour autant sa deuxième mission : former les futurs cadres de l'équipe nationale.

"Nous irons en Egypte pour gagner, cela va de soi", explique l'ancien joueur de l'Ajax, des LA Aztecs et des Washington Diplomats au micro de FIFA.com. "Ceci étant dit, l'objectif ultime de la sélection U-20 reste d'amener un maximum de joueurs en équipe nationale."

Vainqueur de la MLS avec DC United, Rongen a également entraîné Tampa Bay Mutiny, New England Revolution et Chivas USA avant de prendre en main les destinées des espoirs américains à la veille de la Coupe du Monde U-20 de la FIFA 2003. Pour sa première participation au grand rendez-vous mondial, le technicien néerlandais est passé tout près d'une qualification historique pour les demi-finales. A l'époque, les stars de l'équipe avaient pour noms Ricardo Clark, Freddy Adu, Clint Dempsey et Chad Marshall. "C'est très gratifiant de constater que tous ces joueurs, à qui nous avons appris les ficelles du métier, s'illustrent aujourd'hui au plus haut niveau. C'est toute la beauté de ce métier."

Un travail qui porte ses fruits Il y a deux ans, au Canada, Rongen a mené ses hommes jusqu'en quart de finale. Deux vétérans de l'aventure canadienne ont eu l'occasion de briller en participant au superbe parcours des Etats-Unis lors de la récente Coupe des Confédérations de la FIFA, Afrique du Sud 2009 : Michael Bradley et Jozy Altidore. Détenteur d'un diplôme de professeur d'éducation physique, Rongen voit dans l'excellente tenue des programmes de formation et de développement l'une des principales raisons de la bonne santé actuelle du football aux Etats-Unis.

"Cet été, les Américains se sont intéressés de plus près au football", constate Rongen, qui se trouvait en Egypte avec ses joueurs pendant que Bob Bradley et ses hommes mettaient le feu à l'Afrique du Sud. "Si vous regardez de plus près, vous vous apercevrez que beaucoup d'internationaux sont passés par Bradenton (le centre de formation fédéral installé en Floride). Désormais, beaucoup de clubs de jeunes sont parrainés directement par des formations de MLS. C'est un très bon système qui devrait nous assurer une progression constante dans les années à venir."

Emmenée par Anthony Wallace, Bryan Arguez et le gardien Brian Perk, la sélection U-20 américaine a terminé derrière le Costa Rica lors des qualifications organisées à Trinité-et-Tobago. Selon toute vraisemblance, le groupe qui se rendra en Egypte comprendra des professionnels qui évoluent déjà en MLS, des jeunes partis tenter leur chance à l'étranger et quelques recrues venues du programme universitaire.

"Aussi varié qu'intéressant"En 2003, Rongen ne disposait pas encore d'une si vaste gamme de talents. "Depuis mon arrivée au poste de sélectionneur U-20, le développement de la MLS m'a beaucoup facilité la tâche. Ce système permet aux plus jeunes de travailler au quotidien avec des joueurs de haut niveau. Certains font le pari de partir très tôt à l'étranger. C'est une situation qui n'existait pas, il y a encore quelques années."

S'ils veulent sortir indemnes du Groupe C basé à Suez, les Etats-Unis devront toutefois résoudre les problèmes offensifs qui les ont poursuivis tout au long des qualifications. Pour l'heure, Rongen se refuse à dramatiser la situation, mais le sélectionneur américain n'ignore pas l'ampleur du défi qui attend son équipe. "Nous avons droit à un programme aussi varié qu'intéressant", constate-t-il. "L'Allemagne est championne d'Europe et compte plusieurs joueurs de Bundesliga dans ses rangs. Les Camerounais sont solides et talentueux. En outre, les équipes africaines marchent généralement bien à ce niveau. Enfin, la Corée du Sud sera bien organisée et disposera certainement de joueurs très techniques."

A en croire Rongen, les joueurs sont parfaitement conscients du regain de popularité dont bénéficie actuellement le football aux Etats-Unis. Au lendemain du superbe parcours américain en Coupe des Confédérations de la FIFA, l'équipe nationale s'est hissée jusqu'en finale de la Gold Cup de la CONCACAF avec un effectif complètement remanié.

Pour le sélectionneur, Egypte 2009 représente donc l'étape suivante. "Nous avons suivi la Coupe des Confédérations tous ensemble, alors que nous étions en Egypte pour une série de matches amicaux. Nous avons également regardé la Gold Cup. En voyant tous ces grands joueurs, mes gars se sont forcément imaginés à leur place. Ils savent déjà pertinemment ce que représente le fait de porter le maillot des Etats-Unis. C'est un symbole de fierté nationale."