Une fête gâchée mais un rêve réalisé pour Zagurskas

13 sept. 2021
  • Le capitaine a inscrit le premier but de la Lituanie dans la compétition.

  • La Coupe du Monde de Futsal, une vitrine pour le pays hôte.

  • La Secrétaire Générale de la FIFA a assisté aux premiers matches.

Soulagement, tension, joie, déception, fierté… La première journée de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA 2021™ a vu la Lituanie, ses supporters et les organisateurs explorer toute la palette d’émotions. Ce 12 septembre était aussi placé sous le signe des premières : première compétition de la FIFA organisée dans le pays, et première sélection lituanienne à faire ses débuts dans une compétition de haut niveau seniors de la FIFA ou de l’UEFA.

Néanmoins, les locaux n’ont pas connu une entrée en lice rêvée puisqu’ils se sont inclinés face au Venezuela malgré un match serré. Pendant les instants qui ont immédiatement suivi le coup de sifflet final, la salle de Kaunas est restée silencieuse, impuissante devant la détresse de ses joueurs. Mais il n’a pas fallu attendre très longtemps pour entendre les premiers applaudissements, qui sont allés crescendo, et auxquels les joueurs ont répondu en signe de gratitude.

Auteur du premier but de l’histoire de la Lituanie en compétition internationale, le capitaine, Justinas Zagurskas, a préféré ne pas s’attarder sur son cas personnel : "C'est un sentiment agréable sur le coup, mais au bout de 40 minutes, ça ne pesait pas lourd", estime-t-il. Le capitaine a toutefois reconnu que ce baptême du feu avait été inoubliable : "Ça fait très longtemps qu’on attend ce match. Que l’on soit joueur de football ou joueur de futsal, on rêve toujours de jouer la Coupe du Monde. Ce rêve s’est réalisé aujourd’hui, même si l’on aurait bien entendu préféré obtenir un bon résultat". À l'issue de cette plongée dans le grand bain, Zagurskas estime que son équipe a dépassé les attentes. "Tout le monde a dit que nous ne ferions pas le poids sur cette compétition et que nous serions de la chair à canon. Mais nous avons prouvé que nous avons le niveau. Nous avons simplement commis une erreur de plus que le Venezuela, ce qui lui a permis de l’emporter", analyse-t-il. Zagurskas et son sélectionneur, Evgeny Ryvkin, convenaient tous deux que le manque de vécu à haut niveau a pesé dans la balance. "Nos joueurs évoluent en semi-professionnel et ils ne sont pas confrontés à une grosse opposition pendant l’année", souligne l'entraîneur. "Mais je crois en ces garçons, ils ont beaucoup progressé en très peu de temps. Ils n’ont pas encore atteint leur plein potentiel."

KAUNAS, LITHUANIA - SEPTEMBER 12: Lithuania head coach Yevgen Ryvkin speaks to his players during the FIFA Futsal World Cup 2021 group A match between Lithuania and Venezuela at Kaunas Arena on September 12, 2021 in Kaunas, Lithuania. (Photo by Oliver Hardt - FIFA/FIFA via Getty Images)

La Lituanie aligne l’un des effectifs les plus jeunes de la compétition. Du haut de ses 23 ans, Albert Voskunovic fait partie des joueurs à s’être distingués lors de cette première sortie. À la fin de la rencontre, il avait les larmes aux yeux, mais le seul véritable vétéran de l’équipe, Arsenij Buinickij (36 ans), a su trouver les mots pour le réconforter. "J’étais vraiment triste. C’est un joueur expérimenté. Il est venu me voir et m’a calmé", indiquée Voskunovic à FIFA.com. "On a tout donné et on a vraiment bien joué, mais ça n’a pas suffi. C’est une grosse déception."

Alors que la compétition avait été reportée en raison de la pandémie de COVID-19, Voskunovic a contracté l’an dernier une grave blessure qui l’a contraint à tout reprendre de zéro pour retrouver un niveau physique adéquat. Le simple fait de disputer cette Coupe du Monde constitue donc une victoire personnelle. "J’ai passé six mois sur la touche mais je suis arrivé à revenir", précise-t-il. "Nous sommes tous très bien préparés physiquement pour cette compétition. On a montré au monde entier ce dont on est capables en futsal. Aujourd’hui, nos adversaires avaient un peu plus de qualité et de vécu. On n’avait pas l’expérience de ce genre de matches avec un public nombreux. Maintenant, on sait ce que c’est."

L’apprentissage et la fierté ne se sont pas limités aux joueurs. Toutes les personnes impliquées dans l’aventure ont eu la sensation que cette première constituait l’aboutissement d’un dur labeur. Il y a cinq ans, lorsque la Lituanie a présenté sa candidature pour l’organisation de la compétition, peu de gens croyaient en ses chances. Et pourtant, malgré tous les obstacles liés à la pandémie, la compétition a pris forme. "C’est un sentiment de soulagement et de libération", reconnait le président de la Fédération lituanienne de football, Tomas Danilevičius, au micro de FIFA.com à la suite de cette première journée. "Cela faisait plusieurs années que l’on se préparait et nous avons été confrontés à de nombreux doutes. Il a fallu reporter la compétition d’un an et jusqu’au dernier moment, nous avons dû ajuster de nombreuses choses, de petits détails. Mais maintenant que la compétition est lancée, nous nous sentons libérés d’un poids."

Danilevičius a eu le plaisir d’accueillir la Secrétaire Générale de la FIFA, Fatma Samoura, qui a assisté aux matches de la première journée à Vilnius et Kaunas. "Nous apprécions vraiment la confiance et l’attention que nous accorde la FIFA", s’est réjoui Danilevičius. "Après tout, la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA est suivie par près de 200 pays et des millions de personnes à travers le monde. C’est une sorte de vitrine mondiale pour la Lituanie. Beaucoup de gens vont peut-être découvrir notre petit pays et où il se trouve sur la carte", conclut-il, conscient que la Lituanie va être au centre de la planète futsal jusqu’à la finale, le 3 octobre.