Klinsmann : "Cette qualification est essentielle"

7 oct. 2015

Quand le Mexique et les États-Unis croisent le fer, c'est toujours un événement. Ce samedi 10 octobre, les deux géants de la CONCACAF seront à nouveau face à face, cette fois pour tenter de gagner le droit de représenter la région en Coupe des Confédérations de la FIFA 2017. FIFA.com a rencontré le sélectionneur américain Jürgen Klinsmann pour prendre le pouls de son équipe à l'approche d'une affiche qui s'annonce d'autant plus haletante qu'elle aura lieu au célèbre Rose Bowl de Californie.

L'ancien international allemand évoque les difficultés de son groupe pendant la récente Gold Cup de la CONCACAF, le besoin de leaders expérimentés et les caractéristiques qui font de la rivalité entre les États-Unis et le Mexique "l'une des plus intenses au monde". **

Quels sont les défis à relever lorsque l'on doit affronter son plus grand rival dans un match couperet, avec un enjeu de cette importance ? ** Je ne parlerais pas de défis. Cette semaine, notre travail consistait à mettre tout le monde sur la même longueur d'ondes. Il faut bien prendre la mesure de l'opportunité qui nous est offerte. Les joueurs ont la chance de remporter un trophée devant 90 000 supporters et face à leurs plus grands rivaux. Ça ne s'oublie pas. Il s'agira de faire honneur à son pays et de tout donner pour ses partenaires. Si nous y parvenons, je ne pense pas que la victoire nous échappera.

Qu'avez-vous appris de votre défaite contre la Jamaïque, en demi-finale de la Gold Cup ? Il s'est passé tellement de choses pendant ce tournoi. De nombreuses décisions ont affecté l'issue de cette rencontre. Mes joueurs ne savaient pas vraiment à quoi s'attendre. Il en était de même pour le Mexique et le Panama. Je retiens qu'il faut parfois accompagner les événements et se contenter de contrôler les choses sur lesquelles nous avons une influence.

Cette décevante quatrième place en Gold Cup, qui plus est devant vos supporters, peut-elle devenir une source de motivation supplémentaire au moment d'affronter le Mexique ? L'expérience nous a laissé un goût amer. Mais tout ça est derrière nous à présent. Nous allons jouer pour la Coupe de la CONCACAF et le droit de participer à la Coupe des Confédérations 2017 en Russie. C'est énorme. De toute façon, quand il s'agit de défier le Mexique, nous manquons rarement de motivation.

Vous êtes à la tête de la sélection américaine depuis maintenant cinq ans. Vous avez affronté le Mexique à plusieurs reprises. Quel regard portez-vous sur la rivalité sportive entre les deux pays ? Avez-vous déjà vécu quelque chose de similaire dans votre carrière ? Cette rivalité est sans aucun doute l'une des plus intenses dans le monde du football. Au niveau de l'émotion dans les tribunes, elle me rappelle celle qui existe entre l'Allemagne et les Pays-Bas. En tant que sélectionneur américain, il m'a fallu un peu de temps pour comprendre ce que représentait cette relation aux yeux de nos supporters. Nous avons eu l'occasion de nous imposer face à de grands pays de football, mais la réaction du public le jour où nous avons battu le Mexique à l'Azteca était sans commune mesure.

Qu'est-ce qui rend cette rivalité unique ? De nombreux Américains ont des racines mexicaines, ce qui fait que cette rivalité transcende les frontières. Ces dernières années, on voit beaucoup de jeunes Américains d'origine mexicaine porter des maillots d'El Tri lors de nos matches. Quand nous jouons bien, ils enlèvent leur maillot… et révèlent le maillot des États-Unis qu'ils portaient en-dessous ! Ils sont de plus en plus nombreux à nous soutenir et nous comptons bien continuer à conquérir ce public très exigeant.

Récemment, vous avez disputé deux matches amicaux contre des formations sud-américaines. Vous avez remporté un succès contre le Pérou et subi une lourde défaite face au Brésil. En quoi ces deux rencontres vous ont-elles permis de bien préparer le match contre le Mexique ?  Nous voulons toujours nous mesurer aux meilleurs. C'est la seule façon de progresser. Des matches contre des adversaires de ce niveau représentent une bonne occasion de se situer. Nous avons obtenu un excellent résultat contre le Pérou, qui a fini troisième de la dernière Copa America. Face au Brésil, quintuple champion du monde, nous avons appris beaucoup de choses.

Comment expliquer l'écart constaté face au Brésil ? Les joueurs doivent s'adapter à la vitesse et au tempo imposés par les Brésiliens. Leur effectif comprend de nombreux joueurs qui évoluent dans les plus grands clubs européens. Ils disputent régulièrement la Ligue des champions. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'ils soient à un autre niveau. Grâce à eux, nous en avons beaucoup appris sur nos joueurs et sur l'état de leur progression. Ces informations nous seront précieuses à l'heure d'affronter le Mexique.

Le Rose Bowl est un stade très particulier, le seul aux États-Unis à avoir accueilli une finale de Coupe du Monde, en 1994. Il se trouve en outre dans la banlieue de Los Angeles, où vivent de nombreux Américains d'origine mexicaine. À quel genre d'ambiance vous attendez-vous ? Je pense que l'atmosphère sera exceptionnelle. La dernière fois que nous nous sommes produits ici, il y a quatre ans, 90 pour cent du stade était derrière le Mexique. Cette fois, nous aurons plus de 30 000 supporters avec nous. Ça en dit long sur le chemin parcouru. Les groupes de supporters comme les American Outlaws vont venir en force. Il faut qu'ils sachent à quel point leur soutien compte pour l'équipe. Nos fans nous apportent tellement pendant le match. Nous savons qu'ils seront encore là.

La Coupe des Confédérations représente-t-elle un objectif important pour les États-Unis, sachant que vous avez atteint la finale de l'édition 2009 en Afrique du Sud ? Cette qualification est essentielle. Se rendre dans le pays hôte un avant la phase finale, c'est l'occasion de découvrir les stades et les terrains d'entraînement, de se familiariser avec les transports, la nourriture et les hôtels, mais aussi de nouer des contacts. Nous sommes allés à São Paulo en janvier 2014, six mois avant la Coupe du Monde au Brésil. Quand nous sommes revenus en mai, nous avions le sentiment d'arriver en terrain connu. Au niveau de l'organisation, c'est l'occasion de régler des problèmes très en amont. On part avec un temps d'avance. En plus, la Coupe des Confédérations vous donne l'opportunité de jouer contre quelques-unes des meilleures équipes de la planète. C'est une chance rare qui ne se laisse pas passer.  ** ** Le Mexique a remporté la Gold Cup sans se montrer très convaincant. Depuis, il s'est trouvé un nouveau sélectionneur. Comment considérez-vous cette équipe ? Le Mexique possède d'énormes qualités, nous ne le savons que trop bien. À ce stade, nous nous concentrons plutôt sur notre équipe. Quand on aborde un match de cette importance, beaucoup de choses se jouent dans la tête. Il faut être le plus fort psychologiquement en entrant sur le terrain. Nous voulons un groupe concentré, rigoureux et solidaire. Ces qualités seront indispensables pour gagner. ** ** Votre capitaine Michael Bradley a fait monter la pression sur Twitter en évoquant le match. Quel rôle tient-il au sein du groupe ? Michael fait partie des leaders de cette équipe. Il a énormément d'expérience, tout comme Clint Dempsey, Jermaine Jones, Jozy Altidore et bien d'autres. Ces joueurs-là connaissent parfaitement ce type d'environnement. Ils savent gérer tous les éléments qui entourent le match. Ils ont déjà vécu ça. À eux de se mettre en avant et de donner tout ce qu'ils ont.