Cruz et Silva rêvent de recroiser Guardiola

Celui qui, avant 2008, aurait annoncé que Josep Guardiola allait gagner en quatre ans, comme entraîneur du FC Barcelone, quasiment le même nombre de trophées qu'en 11 ans en tant que joueur blaugrana, n'aurait selon toute vraisemblance pas été pris au sérieux. Mais après avoir brillé crampons au pied, le Catalan ne s'est pas arrêté sur la voie du succès après avoir enfilé le costume. L'un de ses plus grands succès date de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2009 lorsque Guardiola a remporté le seul trophée qui manquait dans la vitrine barcelonaise. En demi-finale contre les Mexicains d'Atlante, le Barça n'a toutefois pas eu la tâche facile.

A Maroc 2013, quatre ans après cette demi-finale, Pep et El Profe sont de nouveau présents en Coupe du Monde des Clubs, mais tous les deux à la tête d'une équipe différente. "Guardiola a révolutionné le football dans un laps de temps très court", affirme au micro de FIFA.comJosé Guadalupe Cruz, aujourd'hui entraîneur du CF Monterrey. "Ce sont des adversaires qui vous marquent non seulement sur le terrain, mais également dans la vie. Personnellement, j'ai beaucoup d'admiration pour Guardiola."

L'un des privilèges de ce type de compétition est de pouvoir se frotter aux grands de ce monde. "À cette époque, Barcelone était cataloguée comme la meilleure équipe de la planète. Pour nous, c'était une source d'inspiration et de motivation. Ça nous a fait voir le football d'une autre manière", se souvient le technicien des Rayados, qui débuteront au Maroc le 14 décembre contre le Raja de Casablanca. "Je suis très impatient, plus que la dernière fois à vrai dire. Nous sommes conscients de l'importance prise par ce Mondial des clubs. C'est un tournoi que tout le monde veut gagner. Pour moi, c'est un défi très important, avec une équipe différente. Nous sommes très heureux d'y être et nous connaissons parfaitement nos responsabilités : nous allons représenter non seulement Monterrey, mais également la CONCACAF et le Mexique."

Malgré cela, impossible de ne pas penser à la possibilité d'une nouvelle rencontre avec le technicien catalan, qui lui aussi a entamé un nouveau chapitre dans sa carrière. "Le Bayern pratique un jeu plus vertical, plus en profondeur et beaucoup plus physique", analyse le patron d'une formation présente pour la troisième fois consécutive en Coupe du Monde des Clubs. "Barcelone touchait beaucoup plus le ballon et les joueurs étaient sans arrêt en mouvement, avec ou sans la balle. Munich sera l'équipe à battre, même s'il faut reconnaître que l'Atlético Mineiro, que nous pourrions affronter en demi-finale, est un autre gros morceau et l'une des meilleures équipes au Brésil.".

Lucas Silva, autre rescapéDe cette équipe d'Atlante qui avait pris part à l'épreuve mondiale à Abou Dabi en 2009, le Brésilien Lucas Silva a lui aussi rejoint Monterrey. "Je me sens plus fort et plus expérimenté. Après cette participation, j'ai joué deux ans et demi en deuxième division. Aujourd'hui, je suis plus mature", confie-t-il sincèrement à FIFA.com. À cette époque, Silva évoluait en deuxième division à Atlante, où il était arrivé en provenance des Dorados de Sinaloa, dernier club de Guardiola avant qu'il ne raccroche les crampons en 2006. "Je suis arrivé juste quand il est parti, mais tout le monde au Mexique a été enchanté par ses qualités humaines lorsqu'il jouait chez nous", se souvient-il.

Depuis, le milieu de terrain a eu le temps d'apprécier les qualités d'entraîneur de l'Espagnol et il s'est bien préparé en cas de confrontation avec le géant allemand. "Le Bayern joue très bien et la plupart du temps, il est en possession du ballon", juge Silva. "Pour un milieu de terrain, c'est très compliqué, car il faut sans arrêt suivre et vous n'avez pas beaucoup l'occasion d'attaquer. Cela dit, c'est une chance unique d'affronter des adversaires de ce calibre, qui ont autant de qualités techniques et d'expérience."

Il y a quatre ans avec Atlante en demi-finale contre Barcelone, José Guadalupe Cruz n'avait fait aucun complexe. En 2013, les choses ne seront pas différentes. "Nous aspirons à jouer la finale. Dans la vie, pour réussir quelque chose de grand, il faut se fixer de grands objectifs", annonce l'entraîneur. "Nos supporters veulent nous voir faire mieux que la troisième place de l'an dernier. Nous n'allons pas au Maroc pour faire de la figuration."