Ambriz a recollé les morceaux

Chaque fois que le destin lui a donné la possibilité de choisir, Ignacio Ambriz a opté pour le ballon rond. Très jeune, il a préféré l'espoir de devenir un jour footballeur aux voies de la délinquance et plus tard, une fois son rêve réalisé, c'est encore le ballon qui l'a aidé à vaincre la tentation de l'alcool. Aujourd'hui, alors qu'il s'apprête à diriger le Club América dans la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2015, il va une nouvelle fois s'appuyer sur ses principales qualités pour essayer d'obtenir le meilleur de ses joueurs grâce à son contact humain et à sa motivation.

"Le football est presque toute ma vie", affirme-t-il à FIFA.com. "Il m'a donné une famille, un statut et le respect. Il m'a permis de sortir de mon quartier, d'éviter l'alcoolisme… Le football vous fait vivre dans une bulle où tout est facile et réalisable. C'est ce que je dis à mes garçons pour essayer de les garder dans le droit chemin. J'essaie de les orienter, de les inciter à faire attention à l'argent, pour qu'ils investissent sagement. Avec toute mon expérience, je m'adresse avant tout à l'être humain chez le footballeur, pour qu'il soit humble et travailleur", explique Ambriz, qui faisait partie de l'équipe du Mexique à la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™.

Concernant l'aventure qu'est en train de vivre l'América au Pays du Soleil-Levant, Ambriz tient le même discours. "Je leur dis d'en profiter, que la plupart des joueurs n'auront jamais l'occasion de jouer un Mondial. Il faut savourer et le vivre à fond. Qu'ils se souviennent des espoirs qui étaient les leurs quand ils ont commencé à jouer au foot. Jouer une Coupe du Monde est l'un de ces rêves fous quand on est footballeur professionnel", ajoute le technicien de 50 ans.

Ambriz s'est vu confier la responsabilité de diriger les Águilas alors que le billet pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Japon 2015 était déjà validé. "J'aimerais pouvoir dire que j'ai réussi à gagner la Ligue des champions et que ma récompense est de diriger l'équipe dans ce Mondial. Mais le football actuel n'est pas fait ainsi. Même quand vous gagnez une compétition, vous n'avez pas la certitude de continuer à diriger la même équipe. Aujourd'hui j'ai cette opportunité, et je vais essayer d'en profiter", affirme-t-il au sujet du sacre de l'América dans la Ligue des champions de la CONCACAF 2015, décroché sous la houlette de l'Uruguayen Gustavo Matosas.

En terrain connu Cela dit, Ambriz n'en sera pas à son coup d'essai dans la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Il y a 15 ans, alors qu'il portait encore les crampons, il a eu la chance de participer à la première édition du tournoi sous les couleurs de Necaxa, qui avait terminé troisième. Il s'agit à ce jour de la meilleure performance d'un club mexicain dans le tournoi suprême des clubs à l'échelle mondiale.

"Vers la fin de ma carrière, j'ai eu la chance de jouer un Mondial des Clubs avec Necaxa, un club avec lequel j'ai remporté pas mal de titres. Nous avons terminé troisièmes en réussissant même à battre le Real Madrid. Comme entraîneur aujourd'hui, c'est complètement différent. Je ne vais pas savourer de la même manière. J'ai des comptes à rendre à énormément de personnes, aux joueurs, au club, aux familles qui vont faire le voyage. Il faut vraiment être très attentif", prévient Ambriz, qui a été l'assistant de Javier Aguirre à Osasuna puis à l'Atlético de Madrid.

L'entraîneur de l'América va donc s'appuyer sur sa riche et longue expérience pour permettre à son équipe de rivaliser avec des adversaires qui se caractérisent par des styles très différents. "Avant toute chose, nous allons jouer notre football, qui est basé sur la discipline et une pression intense pour récupérer le ballon. Après, nous essayons d'être rapides dans nos attaques. Évidemment, il faut un peu s'adapter en fonction des adversaires, que nous allons étudier. S'il faut un peu modifier notre formation ou notre système, nous le ferons", analyse ce technicien réputé pour sa flexibilité quant aux systèmes de jeu qu'il utilise.

Les cartes sont donc dans la main de celui dont la vie est depuis longtemps éclairée par les rayons d'un soleil nommé football. "J'aimerais faire encore mieux comme entraîneur que comme joueur. Pour cela, nous devons atteindre la finale. Ce sera extrêmement dur, mais c'est un espoir et un rêve. J'ai demandé à mes joueurs de vivre tout cela le plus intensément possible. Nous devons profiter de chaque instant."

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