Vicelich déjà comblé, encore ambitieux

4 déc. 2011

À 35 ans, Ivan Vicelich n'est pas un nouveau venu en Coupe du Monde. Il y a un peu plus d'un an, il a disputé tous les matches de son équipe à la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010™, avec une sélection de Nouvelle-Zélande qui restera à jamais le seul pays invaincu dans l'édition sud-africaine de l'épreuve reine.

En Afrique du Sud, les All Whites avaient surpris la planète entière en tenant tête à l'Italie, alors championne du monde en titre. Six mois plus tôt, Vicelich avait déjà créé la sensation, avec Auckland cette fois, en réalisant une campagne impressionnante à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Émirats Arabes Unis 2009.

Jusque-là, aucune équipe océanienne n'avait réussi à éviter la défaite dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs à l'échelle planétaire. Mais en 2009, Auckland a frappé un grand coup en prenant le meilleur successivement sur Al Ahli et sur le TP Mazembe, finaliste du tournoi mondial l'an passé. Cette année au Japon, Vicelich disputera le match d'ouverture, jeudi 8 décembre, contre Kashiwa Reysol.

"Il faut être réaliste : contre les champions du Japon, ça ne va pas être facile", annonce Vicelich à FIFA.com. "Nous sommes une équipe amateurs. Pour réussir quelque chose, nous allons devoir nous surpasser. D'ailleurs, je crois que les gens en Nouvelle-Zélande n'ont pas réalisé la portée de notre exploit, il y a deux ans à Abou Dabi. Ensuite, la Nouvelle-Zélande a été la seule équipe invaincue en Coupe du Monde. Même s'il n'y a pas eu de titre au bout, ce sont des performances absolument incroyables en soi. À chaque édition de la Coupe du Monde des Clubs, le représentant de l'Océanie, quel qu'il soit, sait que ça va être très difficile pour lui. Kashiwa jouera devant son public et peut aller jusqu'en finale, et même gagner la compétition. Si nous voulons créer la surprise, nous devrons être à 200 %."

Un défi de taille Le défi est de taille en effet pour Auckland City et son entraîneur barcelonais Ramon Tribulietx, qui se dit toutefois optimiste au regard de la forme affichée par ses joueurs lors du stage de préparation. "Ce que nous avons fait à Abou Dabi relève de l'exploit. Ce n'est pas le genre de performance que vous voyez tous les ans dans les grandes compétitions internationales. Contre le champion du Japon, ce sera très dur. Ils sont professionnels alors que nous, nous sommes amateurs. Cela dit, nous jouerons pour gagner. Pour préparer la compétition, nous nous sommes entraînés tous les jours mais en temps habituel, la plupart des joueurs de l'équipe travaillent 40 heures par semaine et s'entraînent après le boulot."

Malgré l'enjeu de ce match d'ouverture face à Kashiwa, un esprit de solidarité règnera entre les deux équipes pour des raisons extérieures au football, comme le souligne Tribulietx : "Les deux pays ont été frappés par de terribles catastrophes naturelles ces derniers temps. Par conséquent, nous devrons privilégier le spectacle avant tout, par respect pour le public", explique-t-il en référence aux tremblements de terres qui ont dévasté le Japon et la Nouvelle-Zélande cette année. "Après ce qui est arrivé dans nos pays respectifs, il y a forcément un sentiment de solidarité et de respect mutuel entre les deux nations."

Vicelich, quant à lui, a été le dernier joueur néo-zélandais à arriver au Japon, car il a souhaité assister à la naissance de son deuxième enfant. Le Joueur de l'année de l'OFC 2009 est donc comblé, avant même d'avoir débuté la compétition. "J'ai vécu de grands moments de football dans ma carrière, mais je peux vous dire qu'ils ne représentent pas grand-chose par rapport au sentiment que l'on ressent à la naissance d'un enfant. J'ai la chance d'être papa pour la deuxième fois et maintenant, je peux me concentrer sur le match de jeudi, à Toyota City."