Mingazow tient les rênes du football féminin turkmène

18 juin 2021
  • Kamil Mingazow est l’entraîneur de la sélection féminine du Turkménistan

  • Comme joueur, il s’est illustré aussi bien en club qu'en sélection

  • L’ancien milieu de terrain veut mettre en lumière le football féminin dans son pays

Si le football féminin turkmène n’en est encore qu’à ses balbutiements, le sélectionneur Kamil Mingazow fonde beaucoup d’espoir sur son développement. "Je suis né avec cette mentalité", confie l’ancien international au micro de FIFA.com. "C’est pourquoi je cherche sans cesse à progresser, que ce soit en tant que joueur ou qu’entraîneur."

Cet état d’esprit, Mingazow a commencé à l'afficher lors des Jeux Asiatiques de 1994, à Hiroshima. Il y a 27 ans, le milieu de terrain s’est improvisé gardien pour le match d’ouverture contre la RP Chine, à l’occasion de la toute première compétition internationale disputée par le Turkménistan. "Seuls onze joueurs étaient arrivés à Hiroshima, mais aucun gardien. Les autres avaient vu leur vol retardé", raconte-t-il. "Comme je n’étais pas dans une forme optimale en raison d’un problème à la hanche, je suis allé dans les buts. C'était une première pour moi."

Pour ne pas arranger les choses, Mingazow a également été contraint de défendre ses cages sans gants. S’il a concédé un but durant chaque période, le gardien de fortune a livré une belle prestation malgré son inexpérience, repoussant plusieurs tentatives adverses. Son équipe a finalement obtenu un match nul (2-2) contre les futurs finalistes de la compétition.

Après l’arrivée du reste du groupe à Hiroshima et le retour de Mingazow à son poste de prédilection, les Chevaux Noirs sont parvenus à neutraliser la RI Iran et Bahreïn. Ils se sont même imposés 4-0 face au Yémen pour s’offrir un ticket pour les quarts de finale, leur meilleur résultat dans un tournoi international. "Un esprit combatif était ancré en chacun de nous", assure Mingazow, qui insiste sur la détermination de ses compatriotes. "Nous jouons toujours pour la victoire, avec en tête le slogan 'Un pour tous et tous pour un'. Le collectif est la clé."

Fort de cette ténacité, Mingazow s'est imposé comme l’un des meilleurs joueurs de son pays. Avec 40 sélections, il est le troisième Turkmène le plus capé. En club, il a remporté sept éditions du championnat national et a soulevé la Coupe du Turkménistan à six reprises.

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Un défi de taille

À 52 ans, Mingazow vise désormais de nouveaux horizons. En 2016, il s’est attaqué à l’un de ses plus grands défis en prenant la tête de la sélection féminine. "Pour être honnête, le football féminin est encore peu développé ici", reconnaît-il. "Mais nous travaillons sans relâche pour progresser. Nous devons attirer un maximum de filles. Grâce au soutien de la FIFA et de l’AFC, nous avons pu organiser des festivals et des tournois afin de leur faire découvrir ce sport. Nous devons offrir à nos joueuses la possibilité de disputer des matches internationaux, afin qu’elles gagnent en exposition et engrangent de l’expérience. Ainsi, elles progresseront plus rapidement."

La sélection féminine a fait ses premiers pas sur la scène internationale il y a deux ans, à l’occasion de la Coupe de Turquie Féminine 2019. Malgré une place de lanterne rouge avec trois défaites contre la Roumanie (13-0), l’Ouzbékistan (11-1) et la Jordanie (3-0), les Turkmènes ont vécu un baptême du feu enrichissant.

Sans surprise, la formation de Mingazow a réalisé de gros progrès l’année dernière lors du Championnat Féminin U-19 de la CAFA, en terminant à la troisième place de cette épreuve à laquelle ont également participé la RI Iran, l’Ouzbékistan et la République kirghize. "Ce fut une expérience très positive. Si certains pensent encore que ce sport n’est pas fait pour les femmes, nous avons réussi à semer les premières graines du football féminin dans notre pays, grâce à notre travail et à celui de la Fédération turkmène", estime-t-il. "Nous souhaitons organiser davantage de tournois féminins et lancer notre premier championnat. Le football professionnel sera un excellent moteur de développement. Ainsi, nous pourrons bâtir une équipe nationale compétitive en vue de la Coupe d’Asie Féminine de l’AFC", conclut-il.