Paqueta : "Si la France rencontre le Brésil, ça donnera un grand match"

16 nov. 2021
  • Lucas Paqueta a marqué le but qui a qualifié le Brésil pour Qatar 2022

  • Il revient sur l'évolution qui a fait de lui l'un des joueurs-clés de la Seleçao

  • Avec FIFA.com, il évoque ses rêves de Coupe du Monde

Habitant de la paisible île de Paqueta, Mirao, septuagénaire, se réveillait à l'aube pour prendre un bateau qui traversait la baie de Guanabara jusqu'à Rio de Janeiro avec ses deux petits-enfants. Là-bas, ils prenaient plusieurs bus pour emmener Matheus à l'entraînement de football et Lucas à l'entraînement de futsal, avant de reprendre le dernier bateau à minuit. Ils rentraient chez eux après une heure du matin… et recommençaient le jour suivant. Pour Mirao, cela en valait la peine car, comme il le disait fièrement aux 3 500 habitants de Paqueta, ses petits-fils joueraient un jour au niveau professionnel. Il ne vivra pas assez longtemps pour en être témoin, mais Mirao avait vu juste : l'aîné a joué au Brésil et en Italie et le plus jeune brille à Lyon et en Seleção. Mieux, Lucas Paqueta a marqué le but qui a qualifié le Brésil pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™.

Au micro de FIFA.com, il évoque son apprentissage en s'inspirant de Xavi et d'Andrés Iniesta, son évolution au milieu de terrain, et sa satisfaction de jouer aux côtés de Neymar.

Lucas, comment était-ce de grandir sur l'île de Paqueta ? Les gens disent toujours que j'étais un petit Tarzan ! Pas de chaussures, pas de T-shirt. Il y avait toujours du soleil, il faisait toujours beau. Paqueta était un endroit où les autres venaient en vacances, mais pour moi c'était la maison. C'était vraiment bien de grandir là-bas avec mes amis. Paqueta n'est pas juste dans mon nom, elle est aussi dans mon cœur. Comment faisiez-vous pour aller vous entraîner avec Flamengo ? Ça nous prenait toute la journée. Je m'entraînais le soir au stade Gavea et mon frère s'entraînait l'après-midi dans un autre. Mon grand-père était la seule personne prête à nous emmener. Nous quittions la maison à 9 heures du matin pour prendre un bateau. Ensuite, nous allions regarder mon frère s'entraîner et après il venait me voir à mon entraînement. Pour rentrer à la maison, nous prenions le dernier bateau, à minuit. C'était très fatiguant et très agréable à la fois de poursuivre ce rêve. Mon grand-père était un roc. Il voulait nous voir devenir professionnels. C'était son objectif. Malheureusement, il n'a jamais pu le voir se réaliser, car il est mort juste avant. Il serait fier maintenant. Vous faites maintenant 1m80, mais à l'âge de 15 ans, vous ne faisiez qu'1m53. Aviez-vous peur de ne pas réussir dans le football à cause de votre taille ? C'était très difficile, j'ai beaucoup souffert de ça. Même pendant les matches, je ressentais cette infériorité au niveau de la taille. C'est cela qui me faisait le plus mal, pas ce que les autres pouvaient dire. Je rentrais souvent chez moi en larmes. Mais j'avais le soutien de mon grand-père, de ma mère et de mon père. Ça a été fondamental pour que je puisse continuer à croire en mon rêve. Au fond de moi, je savais que j'avais les moyens d'y arriver. Je savais que je n'abandonnerais pas. C'était une période très difficile, mais je m'en suis sorti et tout s'est bien passé.

Vous avez fait partie de la préliste de Tite pour Russie 2018. A-t-il été difficile de manquer la Coupe du Monde ? Non. Honnêtement, ça a été un privilège de faire partie des 30 joueurs. Vu mon jeune âge, c'était même une réussite. Qu'avez-vous ressenti quand vous avez marqué le but qui a qualifié le Brésil pour la Coupe du Monde 2022 ? C'est toujours très émouvant de marquer sous le maillot de la Seleção. Ce but en particulier a été très important en raison de ce que je suis en train de vivre avec la Seleção. J'espère continuer à faire de mon mieux sous ce maillot. La Coupe du Monde, c'est mon plus grand rêve. Depuis que je suis enfant, j'ai toujours suivi cette compétition et j'ai beaucoup encouragé le Brésil. Tous les joueurs rêvent de jouer en Coupe du Monde, et j'espère que ce rêve deviendra réalité.

Pendant plusieurs années, le Brésil n'avait pas de milieu de terrain capable de créer des occasions et de marquer des buts. Vous avez comblé ce manque. Comment-jugez vous votre évolution à ce poste ? J'ai travaillé dur pour en arriver là. Partout où j'ai joué, j'ai appris quelque chose et ça m'a aidé à beaucoup progresser. Je suis un joueur plus complet maintenant. Grâce à mes coéquipiers en Seleção et à Lyon, je comprends mieux le football. Je suis mieux préparé. J'ai beaucoup regardé Iniesta et Xavi quand ils jouaient à Barcelone. Cette équipe avait beaucoup d'intelligence. J'ai toujours essayé d'aborder les matches comme ils le faisaient… sans y arriver évidemment (rires). Mais j'ai essayé de m'en approcher autant que possible, et cela m'a apporté du calme au moment de prendre des décisions sur le terrain. Est-ce agréable de jouer aux côtés de Neymar ? Neymar est une idole. J'ai toujours beaucoup aimé son football et la personne qu'il est. Jouer avec lui est quelque chose d'unique, quelque chose dont je vais pouvoir parler à mes enfants. C'est un plaisir et un honneur de jouer à ses côtés, d'aider la Seleção. J'espère que notre partenariat durera longtemps et que nous pourrons apporter beaucoup de bonheur aux supporters brésiliens.

À part le Brésil, quelle est la meilleure sélection dans le monde aujourd'hui ? La France a une équipe fantastique. Ils seront très forts au moment d'aborder cette Coupe du Monde. Ils ont des joueurs formidables, comme d'autres équipes, mais pour moi la France donnerait au Brésil beaucoup de fil à retordre. Si les deux équipes se rencontrent, ça donnera un grand match. Pour terminer, qui est selon vous le meilleur joueur du monde en ce moment ? Robert Lewandowski.