Leozinho, coiffeur, dribbleur et nouveau Falcão

22 sept. 2021
  • Leozinho a illuminé Lituanie 2021

  • Il parle de coiffure, de coups du sombrero et de son surnom de "nouveau Falcão"

  • Le joueur de 22 ans évoque le Japon, son prochain adversaire, et le trophée

Le 19 septembre à 15h57, la plupart des spectateurs présents à la Klaipeda Arena se sont levés pour entendre l'hymne national brésilien. À 17h18, tous ont bondi sur leurs pieds pour saluer le panache national brésilien. Le coup du sombrero exécuté par Leozinho pour se faufiler entre deux défenseurs a fait trembler le stade. C'est précisément ce même geste qui a mis l'ailier de 22 ans sur la route de la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA, Lituanie 2021™. Au micro de FIFA.com, Leozinho aborde ses talents de coiffeur, son surnom de "nouveau Falcão" et les espoirs de sacre du Brésil.

Comment vivez-vous la Coupe du Monde de Futsal de la FIFA™ ? Comme un rêve dont je ne veux pas me réveiller. Je n'ai pas eu une vie facile et aujourd'hui, je dispute une Coupe du Monde. Pour dire la vérité, j'ai du mal à comprendre ce qu'il m'arrive, mais peu importe. Je veux juste profiter de chaque instant. Chaque moment est un rêve. Je n'arrête pas de penser à ma famille. Et savoir que je suis un modèle pour des enfants démunis compte beaucoup pour moi. C'est une énorme responsabilité. Je sais que je dois faire attention à la façon dont je me comporte, mais je l'accepte. Les enfants issus de milieux humbles vivent à travers leurs rêves. J'ai vécu en rêvant d'égaler Ronaldinho Gaucho ou Falcão. Savoir que des enfants pauvres rêvent de devenir le prochain Leozinho me remplit de fierté et d'émotion. Jouiez-vous au futsal ou au football dans votre enfance ? J'ai toujours joué aux deux. Ma ville natale offrait peu d'opportunités. On m'a fait miroiter des tas de choses. Un homme m'a promis de m'amener à un grand club de Rio de Janeiro, un autre devait m'ouvrir les portes d'un autre grand club. À chaque fois, j'espérais, et à chaque fois j'étais déçu. Ma première vraie chance, je l'ai eue dans le futsal, alors je l'ai saisie. Je crois que mon style convient mieux à cette discipline. Je sais que tous les enfants rêvent de devenir footballeur, mais le futsal aussi est un sport phénoménal et je suis très heureux d'être ici.

Cooment cette première chance a-t-elle failli tourner au cauchemar ? En 2017, j'ai enfin obtenu un essai au Magnus. 350 enfants devaient venir, ce qui était déjà beaucoup, mais plus de 1000 se sont présentés à cause d'un problème informatique. J'ai cru que c'était fichu. La première partie ne laissait que 40 secondes pour montrer ce dont on était capable. Je me suis dit, "Tu dois y arriver". J'ai sorti un coup du sombrero, ils ont été impressionnés, je suis passé à la deuxième étape et me voilà. Aviez-vous envisagé de devenir coiffeur ? Ma première et seule option a toujours été le football. Je n'avais pas de plan B. Mais comme je n'avais pas les moyens d'aller chez le coiffeur tout le temps, j'ai commencé à me couper les cheveux moi-même. J'ai essayé différentes choses et je suis devenu plutôt bon. Je suis à la fois joueur et coiffeur ici (rires). Les joueurs et tous les membres de la délégation me confient leurs cheveux. Je suis très content de les aider. Si je n'étais pas joueur, je crois bien que je serais coiffeur.

Leozinho cuts Marlon's hair

📸 Thais Magalhães / CBF Que ressent-on quand on marque en Coupe du Monde sur un coup du sombrero et qu'on est ovationné par la foule ? J'ai rêvé toute ma vie d'inscrire un but en Coupe du Monde. J'étais euphorique. Savoir que ma famille était fière de moi m'a rempli de bonheur. Ça me motive. C'est super, bien sûr, de faire lever le public. C'est de l'énergie positive. Trouvez-vous important de faire spectacle pour les fans ou seule la victoire compte-t-elle ? Je veux la victoire. Juste la victoire. Mes tours de passe-passe font partie de mon jeu. Bien sûr, je suis heureux de voir les supporters se lever pour saluer une de mes actions. Mais perdre un match m'affecte énormément, même quand j'ai réussi un beau geste. Quel effet cela fait-il d'être appelé "le nouveau Falcão" ? Je suis heureux et honoré d'être comparé au plus grand joueur de l'histoire du futsal. Mais j'essaie d'être Leozinho et d'écrire ma propre histoire.

Comment juge-vous le Japon, votre adversaire en huitième de finale ? C'est une très bonne équipe, bien organisée et solide en défense. Elle compte deux excellents joueurs brésiliens dans ses rangs. Nous savons que tout le monde peut battre tout le monde et nous prenons ce match très au sérieux, mais nous sommes aussi très confiants. Le Brésil gagnera-t-il Lituanie 2021 ? Sans aucun doute. Le Brésil s'engage toujours dans une compétition pour la gagner. Tout autre résultat est un échec. Les attentes sont très élevées et nous sommes conscients de devoir nous montrer à la hauteur.