La Thaïlande se voit de plus en plus grande

Invitée surprise de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, la Thaïlande a fait l'an dernier, au Canada, ses grands débuts sur la scène mondiale. Lourdement battue par l'Allemagne et la Norvège, elle a cependant conquis le cœur du public en s'imposant 3:2 face à la Côte d'Ivoire après avoir concédé l'ouverture du score. Fortes de cette expérience au plus haut niveau, les Thaïlandaises ont désormais l'intention de poursuivre sur leur lancée. Le Championnat Féminin de l'AFF, qui débutera ce 26 juillet, à Mandalay, au Myanmar, leur offrira justement l'opportunité de se tester à nouveau en compétition internationale.

Huit nations en découdront pendant dix jours. Tenante du titre, la Thaïlande devrait avoir fort à faire face à ses voisins d'Asie du sud-est, à commencer dans son groupe, qui comprend également le Viêt-Nam, Singapour et une équipe des Philippines en pleine progression. Les yeux déjà tournés vers la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA 2018, la sélection U-20 australienne, composée de filles âgées de 19 ans ou moins, affrontera, dans l'autre partie du tableau, le Timor Oriental, la Malaisie et le pays organisateur, désormais entraîné par Roger Reijners, longtemps sélectionneur des Pays-Bas.

La Thaïlande disputera lors de ce tournoi ses premières rencontres officielles depuis Canada 2015. Spencer Prior, dont le compteur affiche plus de 500 matches de championnat d'Angleterre, a pris les rênes de l'équipe nationale il y a deux mois et compte bien rattraper le temps perdu. Entraîneur-adjoint de l'équipe d'Australie lors de la Coupe du Monde Féminine 2011, l'ancien défenseur était plus récemment en charge des Matildas U-20. Il s'est engagé pour deux ans au Pays du sourire, avec un plan sur le long terme pour y développer le football féminin, même si sa première mission sera de remporter le championnat régional.

"Ce ne sera pas simple, mais je suis confiant", confie Prior à FIFA.com. "Je veux avant tout me focaliser sur notre style de jeu, qui nous permettra de gagner des matches, plutôt que sur la façon dont nous allons remporter le tournoi. On ne peut pas uniquement regarder le résultat final. Il faudra également faire en sorte de bien gérer les attentes, en interne comme en externe. Notre équipe est la mieux classée d'Asie du Sud-Est, les exigences sont donc élevées. Mais les joueuses n'ont pas à en ressentir le poids, c'est à moi de gérer cela."

"Je pense que les filles seront en mesure d'utiliser l'expérience emmagasinée lors de la Coupe du Monde pour mieux aborder les autres tournois", poursuit-il. "Elles savent ce qui les attend et le niveau qu'elles devront montrer lors des qualifications pour la prochaine Coupe du Monde. L'Asie est une confédération très relevée, mais les joueuses ont gagné en confiance. Canada 2015 leur a ouvert l'appétit, elles veulent se qualifier à nouveau."

Réveiller un géant endormi Plusieurs indicateurs laissent penser que l'Asie du Sud-Est, région très densément peuplée, pourrait avoir un rôle important à jouer dans la discipline. Le récent match amical de la Thaïlande face au Myanmar a généré un demi-million de vues sur Facebook, alors que son barrage pour Canada 2015 avait attiré près de 20 000 spectateurs à Hô-Chi-Minh-Ville, au Viêt-Nam. "Leur qualification pour la Coupe du Monde a eu un gros retentissement et j'espère que cela a eu des répercussions à la base", note Prior.

En l'absence de championnat national féminin en Thaïlande, la plupart des joueuses évoluent actuellement dans des clubs universitaires. D'après le nouveau sélectionneur, le potentiel est énorme : "Les conditions sont réunies ici pour mettre à nouveau en place un championnat, c'est essentiel. Les clubs masculins de la Premier League thaïlandaise disposent de moyens conséquents. Ce serait formidable s'ils pouvaient voir plus large et développer des équipes féminines. Ce modèle est actuellement à l'étude. Il doit simplement être durable et maintenir un certain niveau d'exigence."

"À plus long terme, la stratégie est de développer la discipline à la base et de disposer de programmes à temps plein pour les joueuses talentueuses", ajoute Prior avant de conclure : "Les Thaïlandaises sont naturellement douées techniquement et comprennent bien le jeu. Elles ont simplement besoin qu'on leur tende la main."