Knaub découvre le bonheur et les responsabilités

  • Arnold Knaub a marqué deux buts pour le Kazakhstan à Lituanie 2021

  • Il est devenu père pour la première fois la veille de la demi-finale.

  • Il évoque le match face au Brésil pour le bronze.

En l’espace de 36 heures, Arnold Knaub a vécu les plus beaux moments de sa carrière professionnelle et de sa vie personnelle. Le 27 septembre dernier, son entraîneur Paulo Figueroa le qualifiait de "superhéros" après son boulet de canon, qui avait permis au Kazakhstan de signer l’un des plus grands résultats de son histoire. Deux jours plus tard, sa femme Arina, donnait naissance à leur premier enfant à Almaty, à 3 000 kilomètres de là. En compagnie de FIFA.com, Knaud raconte comme il a vécu cette naissance à distance, ses célébrations personnalisées et son envie de battre le Brésil dans le match pour le bronze. .

Qu’est-ce que cela fait de devenir père en pleine Coupe du Monde ? C’est incroyable. C’est très difficile d’être loin de ma famille. J’aurais vraiment voulu être là-bas avec ma femme et prendre ma fille dans mes bras. Mais ça fait partie du métier. Ça fait des années que cette Coupe du Monde est une mission pour moi. Ma femme a été très compréhensive. On ne savait pas quand la Coupe du Monde aurait lieu ni quand le bébé naîtrait. Le fait que je sois parti depuis deux mois rend les choses encore plus difficiles pour Arina. Si je marquais un but à la Coupe du Monde, je me devais de lui faire un clin d’œil. Elle a apprécié donc je suis vraiment content.

Vous avez inscrit un but d'une frappe puissante lors de la victoire 3-2 contre la RI Iran. Cette technique de frappe sont-elles naturelles ou les avez-vous travaillées ? Quand je suis allé à Tulpar, j’ai joué avec le Brésilien Talles Feitosa. C’était un joueur exceptionnel. J’ai observé sa façon de frapper sans contrôle et j’ai été vraiment impressionné. Je lui ai posé des questions et il m’a donné de nombreux conseils très utiles. Du coup, j’ai commencé à développer mes qualités dans ce domaine, à tel point que c’est devenu une spécialité. Ma puissance de frappe m’a permis de marquer un but en quart de finale de la Coupe du Monde, d’égaliser et de faire une célébration que je pourrai montrer à ma fille quand elle sera assez grande pour comprendre.

Selon vous, qui a été le meilleur joueur du Kazakhstan dans cette compétition ? Leo Higuita. Il a évolué dans une autre dimension. Il n’a pas seulement été le meilleur joueur du Kazakhstan mais aussi le meilleur joueur de la compétition. Il mérite le Ballon d’Or, même si cette récompense revient généralement à un joueur de l’équipe championne. Comment les gens au Kazakhstan réagissent-ils à la campagne de votre équipe ? C’est quelque chose d’extraordinaire. Les gens s’attendaient à ce que l’on atteigne la phase à élimination directe mais depuis qu’on s’est qualifiés pour les demi-finales, l’effervescence est à son comble. C’est la meilleure performance du Kazakhstan dans un sport collectif. Aucune autre équipe n’a atteint le dernier carré dans une compétition de niveau mondial. On reçoit des tas de message, tout le monde nage en pleine euphorie. On a même été félicités par le président du Kazakhstan. On voulait vraiment atteindre la finale mais maintenant, on va tout faire pour aller chercher une médaille.

Pour cela, il va falloir battre le Brésil, qui détient le record de titres dans la compétition (cinq). Que ressentez-vous avant d’affronter un adversaire aussi prestigieux ? Ça me procure énormément de bonheur. Depuis que je suis enfant, je rêve de jouer contre le Brésil en Coupe du Monde. Les joueurs brésiliens sont mes héros. Pour moi et pour le monde entier, le meilleur joueur de tous les temps est Falcão. C’est un immense bonheur pour moi d’affronter ce pays qui a produit tellement de joueurs d’exception. Mais les temps ont changé. Quand j’étais jeune, je rêvais simplement de me retrouver un jour sur le terrain avec ces superstars. Franchement, je n’aurais jamais imaginé que le Kazakhstan pourrait se retrouver face au Brésil. Maintenant, je rêve de battre le Brésil et de prendre la troisième place. Ce que le Kazakhstan a réalisé ici, ça ressemble déjà à un conte de fées, mais si l’on arrive à battre le Brésil et à décrocher une médaille, ce sera le plus beau des contes de fées.