Huth, l'âge de la maturité et l'heure de briller

19 oct. 2021
  • L’Allemagne a pris un bon départ dans les qualifications

  • Double confrontation contre Israël au programme

  • Entretien avec la capitaine Svenja Huth

Avec deux victoires, six points et la première place du Groupe H, l’Allemagne affiche un bilan parfait en qualifications pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023™. "C’est une entrée en matière intéressante, même s'il nous reste une marge de progression", confirme la capitaine Svenja Huth, qui a participé aux deux rencontres. La Nationalmannschaft s'apprête désormais à disputer une double confrontation contre Israël, le 21 et le 26 octobre. Au micro de FIFA.com, Huth évoque le statut de son équipe et les attentes qu'il suscite, et sa maturité sportive. Svenja Huth, vos première sorties sur la route d’Australie/Nouvelle-Zélande 2023 ont été réussies (victoires 7-0 contre la Bulgarie et 5-1 contre la Serbie). Êtes-vous satisfaite de ces prestations ? Nous sommes bien rentrées dans ces qualifications. Par moments, notre circulation de balle était excellente. Mais lors de chacune de ces deux rencontres, nous avons aussi connu des temps faibles. Il nous a parfois fallu du temps pour entrer dans le match et faire valoir nos qualités. À l’avenir, et notamment à l’occasion de la double confrontation contre Israël, nous devons répondre présent dès la première seconde. C'était une entrée en matière intéressante, même s'il nous reste une marge de progression. L'Allemagne féminine n’a encore jamais eu l'occasion d’affronter Israël. Qu'attendez-vous de ces rendez-vous ? Il va falloir nous imposer dès le coup d’envoi et montrer par notre attitude, par notre jeu et par notre efficacité dans la zone de vérité que les Israéliennes auront fort à faire si elles veulent prendre des points. Nous entendons boucler cette séquence avec six unités de plus, et poursuivre notre montée en puissance, tant individuelle que collective.

L’Allemagne abordera ces deux matches en position de favorite. Comment gérez-vous cette pression ? Nous n’y pensons pas trop. Ceux qui connaissent le football féminin savent qu’aucun résultat n’est acquis d’avance. On l’a encore vu face à la Serbie. Tout dépend de notre état d’esprit sur le terrain et de notre capacité à imposer notre jeu dans les moments-clés. Quand tous les voyants sont au vert, c’est vrai, nos adversaires n’ont pratiquement aucune chance. Mais ça suppose d’évoluer à notre meilleur niveau dès le début du match. Quand on affronte l’Allemagne, la motivation n’est jamais un problème. Nous avons souvent face à nous des défenses renforcées et ce n’est pas toujours évident de trouver la faille. Vous participez à votre troisième campagne de qualification pour la Coupe du Monde Féminine. Qu’est-ce qui rend cette équipe spéciale ? Il y a un bon équilibre entre les jeunes et des joueuses plus expérimentées, qui ont déjà participé à des tournois ou à des qualifications pour de grandes compétitions. Il y a aussi un bon équilibre entre sérieux, concentration et plaisir de jouer. Globalement, ce groupe se caractérise par sa grande décontraction sur le terrain. Votre rôle de capitaine vous a permis de mûrir. Quelles ont été les étapes de votre développement depuis la Coupe du Monde Féminine U-20 en 2010 ? Ce tournoi occupe une place à part dans mon cœur. J’ai l’impression que c’était hier. Entre les deux, il y a eu des succès, mais aussi des moments plus difficiles. Il y a toujours beaucoup à apprendre, des uns comme des autres. Je pense par exemple à la rupture des ligaments croisés que j’ai subie en 2013. Quand je suis revenue, j’étais encore plus forte qu’avant. Ce coup du sort m’a endurcie en tant qu’athlète, mais aussi en tant que femme. On apprend beaucoup en observant ses idoles, mais il y a aussi des choses que l’on doit vivre par soi-même. Mon passage à Potsdam, entre 2015 et 2019, a été extrêmement important. J’ai été une jeune joueuse et maintenant, je fais partie des anciennes. Je connais les deux points de vue. Je suis titulaire, mais j’ai aussi été remplaçante. J’ai le sentiment d’avoir beaucoup de choses à partager avec les plus jeunes.

BIELEFELD, GERMANY - AUGUST 01: Svenja Huth (L) and Dzsenifer Marozsan (R) of Germany celebrate the 2010 FIFA Women's World Cup Final match between Germany and Nigeria at the FIFA U-20 Women's World Cup stadium August 01, 2010 in Bielefeld, Germany. (Photo by Martin Rose - FIFA/FIFA via Getty Images)

Les qualifications pour la Coupe du Monde Féminine s’inscrivent dans le cadre de la préparation à l'UEFA EURO féminin. Est-ce une source de motivation supplémentaire ? Avant un tournoi, la température monte toujours. Tout le monde veut se mettre en avant, que ce soit à l’entraînement ou en match officiel. Bien entendu, c’est intéressant sur le plan des performances car toutes les joueuses donnent le maximum pour se montrer sous leur meilleur jour. Sur le plan collectif, ce sera très bénéfique dans les semaines et les mois à venir. Après la Coupe du Monde Féminine 2019 en France, que représenterait une deuxième participation au rendez-vous mondial ? Toutes les compétitions sont importantes, mais je n’ai jamais été sacrée championne du monde. Ça reste l’un de mes principaux objectifs. Nous allons tout donner dans ces qualifications pour être du voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2023. Vous apparaissez aux côtés de Dzsenifer Marozsan dans le clip Ziemlich beste Freundinnen ("Plutôt meilleures amies"), disponible sur YouTube. Qu’est-ce qui fait de votre coéquipière une joueuse et une personne à part ? Dszeni est une femme très attentionnée, qui possède un esprit de famille hors du commun. Nous avons passé pratiquement la moitié de nos vies ensemble. Elle est très à l’écoute et je ne compte plus les fois où elle m’a dispensé de bons conseils et des paroles d’encouragement. Sur le terrain, c’est une technicienne hors pair. Rien ne lui fait peur balle au pied et elle cherche toujours à servir ses partenaires. Elle peut également s’appuyer sur une excellente frappe de balle, ce qui fait d’elle une joueuse incontournable.