Laura Georges : "La pression est parfois très forte"

3 sept. 2021
  • La secrétaire générale de la FFF appelle à l'empathie et à la compréhension

  • L’ancienne internationale estime qu’en partageant leurs expériences, les joueurs de haut niveau contribuent à faire accepter les questions de santé mentale

  • Georges : "La pression dans le football féminin augmente de plus en plus"

Laura Georges a brillé au plus haut niveau, au point d’être entrée dans la légende tant au Paris Saint-Germain qu’à l’Olympique Lyonnais.

Triple lauréate de la Coupe de France féminine et double vainqueur de la Ligue des champions féminine de l'UEFA, la jeune femme doit son succès, en partie, à sa vivacité d’esprit. Pourtant, à l’en croire, le milieu du football féminin pourrait faire preuve de plus d’empathie et de compréhension à l’égard des joueuses qui éprouvent des difficultés sur le plan psychologique ou dans la gestion des émotions inhérentes au très haut niveau. 

"Je pense que la pression dans le football féminin augmente de plus en plus", confie Georges à FIFA.com, dans le cadre de la campagne #ReachOut de la FIFA. "On est dans un sport qui s’internationalise, avec des transferts et l’arrivée de nouvelles concurrentes. Il y a un stress lié à la réussite."

Après 17 ans à écumer les terrains de France et d’Europe, Georges occupe aujourd’hui le poste de secrétaire générale de la Fédération française de football (FFF). Ses nouvelles fonctions sont aussi l’occasion pour elle d’attirer l’attention des joueuses sur les questions de santé mentale. Elle évoque ainsi le souvenir d’une coéquipière en grande difficulté psychologique et sa tristesse de voir une personne dans la peine. "J’ai pu voir un cas, je pense que c’est de la souffrance mentale. C’était une joueuse qui n’arrivait pas à s’exprimer devant son groupe. Elle pleurait après les matches, avec des moments très compliqués. En dehors du terrain, c’était une joueuse qui prenait tout sur elle. De ce que je pouvais observer, elle pensait que les résultats étaient dus à son manque d’efficacité."

"C’est dur de voir quelqu’un en détresse, qui ne comprend pas ce qui lui arrive ou qui ne parvient pas à l’exprimer."

Bien entendu, le football favorise l’inclusion, l’estime de soi et la création de liens amicaux. Néanmoins, Georges nous rappelle que la pression du haut niveau peut parfois prendre le pas sur ces nombreux bienfaits. "Avant, on jouait pour s’amuser. On savait qu’à côté, on travaillait ou on étudiait. Aujourd’hui, certaines filles jouent pour gagner leur vie. Elles se doivent d'être performantes", explique l’ancienne défenseuse, qui a participé à trois Coupes du Monde Féminines de la FIFA™. "Je pense que beaucoup d’athlètes ont peur d’être seuls. Ils ont peur d’être seuls à souffrir, en fait. On sait parler d’un match raté, mais on ne sait pas forcément parler du fait qu’on est stressé, qu’on n’a peut-être plus envie d’aller jouer."

Georges espère qu’en parlant des problèmes rencontrés par les footballeurs de haut niveau, l’ensemble de nos sociétés, partout dans le monde, comprendront que les problèmes de santé mentale peuvent concerner n’importe qui. "On ne sait peut-être pas poser les mots et dire que c’est une dépression. Il ne faut surtout pas hésiter à en parler. Vous n’êtes pas seuls. Tout le monde vit des moments compliqués. Tous ces problèmes de questionnement, d’anxiété, de stress et de dépression, ce sont des choses qu'on vit tous d’une manière plus ou moins grave ou qu'on arrive plus ou moins à comprendre. Il ne faut surtout pas hésiter à en parler."

Befrienders Worldwide Befrienders Worldwide apporte aide et soutien aux personnes en détresse ou suicidaires dans le monde entier. Consultez https://www.befrienders.org/ et https://www.befrienders.org/other-helpline-organisations pour trouver de l'aide dans votre pays.

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